Darfour : l'ONU note des progrès mais la situation sécuritaire reste volatile

11 janvier 2012

Dans un exposé sur le Darfour devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a estimé mercredi que des étapes positives avaient été franchies par les parties en présence dans le cadre du processus de paix de Doha même si la situation sécuritaire et humanitaire restait fragile.

« Sur le plan politique, les parties ont progressé dans le partage du pouvoir et les dispositions sécuritaires du Document de Doha pour la paix au Darfour », a déclaré M. Ladsous précisant que le 18 décembre dernier le Soudan a émis un décret nommant le Secrétaire général du groupe armé le Mouvement pour la libération et la justice, Bahr Idriss Abu Garda, au poste de Ministre de d'Etat à la Santé.

« Trois décrets présidentiels supplémentaires liés au processus de paix ont été émis ; ils abrogent l'Autorité régionale de transition pour le Darfour et établissent l'Autorité régionale du Darfour (ARD), organe principal responsable pour la mise en œuvre du Document de Doha en collaboration avec le gouvernement du Soudan », a-t-il ajouté.

Il a également indiqué que les Nations Unies continuaient de développer une feuille de route afin de faciliter de manière conjointe les pourparlers entre les parties dans trois domaines majeurs : soutien à l'exécution du Document de Doha, engagement continu avec le gouvernement et les mouvements non signataires afin d'encourager les négociations et soutien au dialogue interne au Darfour.

« La situation sécuritaire au Darfour ne se résume pas seulement à des affrontements militaires mais également à des menaces exercées contre le bien-être physique et la liberté de mouvement des civils. Nous restons inquiets sur l'impact des bandits, des crimes et des violences sexuelles liées au genre », a souligné M. Ladsous, indiquant que l'Opération de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD) continuait ses efforts en vue de sécuriser la région.

Concernant la situation humanitaire, il a indiqué que près de 1.500 personnes déplacées par mois en moyenne retournaient volontairement chez elles. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni une assistance alimentaire à plus de quatre millions de personnes dans la région.

« Alors que de grandes parties du Darfour ont été accessibles aux organisations humanitaires, avec l'escorte sécuritaire nécessaire de la MINUAD, l'accès à Jebel Marra ouest a été refusé de manière constante et de manière intermittente pour le Jebel Marra, Shangil Tobaya et les zones de Um Barru, ainsi que dans le camp de Zam Zam », a précisé M. Ladsous.

« Nous allons continuer à travailler avec l'Union africaine. Nous allons continuer à protéger les civils, à faciliter la distribution de l'aide et assister les retours volontaires ainsi que la recherche d'un règlement global et durable du conflit », a conclu le Secrétaire général adjoint.

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