Soudan du Sud : le HCR appelle la communauté internationale à la solidarité

Le Haut commissaire Antonio Guterres rencontre un groupe de rapatriés au Soudan du Sud.
Le Haut commissaire Antonio Guterres rencontre un groupe de rapatriés au Soudan du Sud.

Soudan du Sud : le HCR appelle la communauté internationale à la solidarité

En visite au Soudan du Sud, le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a appelé la communauté internationale à la solidarité face à la crise humanitaire critique que traverse le pays.

En visite au Soudan du Sud, le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a appelé lundi la communauté internationale à la solidarité face à la crise humanitaire critique que traverse le pays six mois seulement après son indépendance.

« Six mois après son indépendance, ce pays est confronté à des défis humanitaires énormes qui nécessitent une solidarité massive de la part de la communauté internationale », a déclaré M. Guterres lors d'un entretien accordé lundi à la Radio de l'ONU.

« Une autre raison de cette visite est d'attirer l'attention de la communauté internationale, sollicitée dans de nombreuses crises aux quatre coins du monde, car c'est un pays qui est maintenant en train de s'établir et qui aura besoin de l'aide internationale pour relever les défis humanitaires », a-t-il ajouté.

Le Haut commissaire a souligné l'action du HCR dans le soutien des refugiés qui fuient les Etats du Kordofan méridional et du Haut Nil, au Soudan, estimant qu'ils ont reçu un bon accueil de la part de la population et des autorités du Soudan du Sud.

« Nous avons organisé un pont aérien de 60 rotations d'avions pout fournir 10.000 tentes et des fournitures pour plus de 80.000 personnes qui ont déjà traversé la frontière. Et nous travaillons en coordination avec nos partenaires comme le Programme alimentaire mondial (PAM) pour la nourriture et d'autres agences et organisations non gouvernementales sur les aspects de santé et d'eau afin de garantir un accueil digne au Soudan du Sud et une réponse à leur besoins », a souligné M. Guterres.

« Simultanément, nous sommes également engagés dans des opérations pour protéger les civils. Nous travaillons étroitement avec l'Organisation internationale des migrations (IOM) pour le retour des populations », a-t-il expliqué.

Concernant les récents affrontements entre les ethnies Lou Nuer et Murle dans l'Etat de Jonglei, M. Guterres a salué les efforts de la Mission des Nations au Soudan du Sud (MINUSS) qui a été « en première ligne dans la protection des civils accomplissant un très bon travail dans des conditions extrêmement difficiles ». Selon le Haut Commissaire, les Casques bleus ont su éviter l'escalade des violences.

« L'objectif est aujourd'hui d'éviter à tout prix des représailles », a conclu M. Guterres.

En visite dans les villages de Pibor et Fartait dans l'Etat de Jonglei, la Représentante de l'ONU pour le Soudan du Sud, Hilde Johnson, a appelé ce weekend les différentes parties au conflit à l'arrêt immédiat de ce cycle de violence.

« Il faut mettre un terme à ce cycle de violence. Les populations de l'Etat de Jonglei de tous bords ont assez souffert. La sûreté et la sécurité de tous doivent maintenant être la priorité. Cela signifie qu'une action doit être engagée, coordonnée par toutes les parties concernées pour réaliser la paix et la stabilité », a dit Mme Johnson dans un communiqué en précisant le besoin pour les autorités de déployer davantage de force de sécurité dans la zone.

Plus de 400 Casques bleus supplémentaires ont été déployés afin d'assurer la sécurité et organiser le retour d'environ 60.000 déplacés qui ont fui les violences. Selon l'ONU, plus de 90.000 personnes sont affectées directement par les affrontements.