Egypte : l'ONU préoccupée par les raids de l'armée contre des ONG

30 décembre 2011

Le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme s'est dit très préoccupé par les raids menés par l'armée égyptienne contre des organisations non gouvernementales (ONG), dont des groupes de défense des droits de l'homme.

« Une telle attitude de la part des autorités apparaît clairement être destinée à intimider les défenseurs des droits de l'homme qui ont dénoncé les violations des droits de l'homme en Egypte, y compris sous le précédent régime », a dit jeudi la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani.

« Le HCDH appelle le gouvernement à cesser l'usage de telles mesures qui ne sont pas nécessaires et à garantir que les organisations de la société civile puissent poursuivre leurs activités importantes sans ingérence indue », a-t-elle ajouté. « La liberté d'association est un droit de l'homme et toute restriction visant ce droit doit être conforme aux droits de l'homme internationaux ».

La porte-parole du HCDH a indiqué que le Haut commissariat continuerait à suivre de près la situation des défenseurs des droits de l'homme en Egypte.

Le HCDH s'est dit aussi préoccupé par la détention de blogueurs et de militants des droits de l'homme et a appelé le gouvernement égyptien à libérer tous ceux qui sont détenus pour avoir exercer leurs droits à la liberté d'expression et de rassemblement pacifique.

D'après Frej Fenniche, le chef du Bureau du HCDH au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, basé à Genève, les raids sont une première dans l'histoire du pays.

Selon lui, c'est une première depuis la chute du régime d'Hosni Moubarak en février 2011. Et même sous Moubarak, de tels raids n'ont pas eu lieu.

« Ils ont dit qu'ils devaient vérifier l'origine de financements ainsi que leur lien avec des étrangers et que cela pouvait se faire dans le cadre de la loi. Cela veut dire qu'ils pourraient ouvrir une enquête », a dit M. Fenniche.

Selon la presse, des soldats égyptiens ont investi jeudi plusieurs bureaux d'ONG dans la capitale égyptienne Le Caire et ont saisi des ordinateurs et des documents. Des employés ont vu leurs téléphones portables confisqués. Les autorités égyptiennes ont accusé des groupes financés par l'étranger d'être responsables des troubles politiques qui ont suivi l'éviction du Président Moubarak en début d'année.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Egypte : l'ONU appelle à mettre un terme à la répression brutale des manifestants

La Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a condamné la répression brutale des manifestations par les forces militaires égyptiennes sur la Place Tahrir, au Caire.