Grippe H5N1 : l'OMS s'inquiète de l'impact négatif d'études récentes

30 décembre 2011

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pris note vendredi que des études menées par plusieurs institutions sur la question de savoir si des mutations du virus de la grippe H5N1 peuvent le rendre plus transmissible entre humains ont soulevé des préoccupations sur les risques possibles et les utilisations abusives associés à cette recherche.

L'OMS se dit également profondément préoccupée par les conséquences négatives potentielles. Mais elle constate aussi que les études menées dans des conditions appropriées doivent continuer à prendre place afin que les connaissances scientifiques fondamentales nécessaires pour réduire les risques posés par le virus H5N1 continuent d'augmenter.

Selon la presse, le gouvernement américain a demandé le 20 décembre à des journaux scientifiques et à deux équipes de chercheurs de ne pas publier les détails d'études sur le virus H5N1 craignant que les données puissent tomber dans de mauvaises mains. Les scientifiques ont fait muter le virus de la grippe aviaire H5N1 au point qu'il soit devenu hautement transmissible chez des furets et ils s'apprêtaient à publier leurs résultats.

« Les virus de la grippe H5N1 représentent un risque important pour la santé des gens pour plusieurs raisons. Bien que ce type de grippe n'infecte pas les humains le plus souvent, quand elle le fait, environ 60% de ceux qui sont infectés meurent. En outre, parce que ces virus peuvent causer une maladie grave chez les personnes, les scientifiques sont particulièrement inquiets sur le fait que ce type de grippe puisse muter un jour et se propager facilement entre les personnes et provoquer une pandémie de grippe très grave », souligne l'OMS dans un communiqué de presse.

Selon l'agence onusienne, il est clair que mener des recherches pour acquérir des connaissances doivent se poursuivre, il est également clair que certaines recherches, et surtout celles qui peuvent générer des formes plus dangereuses du virus que celles qui existent déjà, comportent des risques. « Une telle recherche devrait être menée seulement après que tous les risques importants de santé publique et les avantages ont été identifiés et examinés, et après s'être assuré que les protections nécessaires pour minimiser d'éventuelles conséquences négatives sont en place », a-t-elle dit.

En mai 2011, le Cadre de préparation à une nouvelle pandémie de grippe (PIP) est entré en vigueur. Ce cadre a été adopté par tous les États Membres de l'OMS comme un guide sur l'échange de virus grippaux à potentiel pandémique et les avantages qui en résultent.

L'OMS reconnaît que les scientifiques qui ont dirigé les travaux des nouvelles études ont reçu leurs échantillons de virus du Réseau mondial de l'OMS pour la surveillance de la grippe (GISN) et avant que les négociations sur le Cadre PIP aient commencé. Cependant, maintenant que le Cadre a été adopté par tous les États Membres de l'OMS, l'OMS estime qu'il est extrêmement important que les scientifiques qui effectuent des recherches sur des virus grippaux avec des échantillons potentiellement pandémiques se conforment entièrement aux nouvelles exigences.

 

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