Egypte : l'ONU appelle à mettre un terme à la répression brutale des manifestants

19 décembre 2011

La Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a condamné la répression brutale des manifestations par les forces militaires égyptiennes sur la Place Tahrir, au Caire.

La Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a condamné lundi la répression brutale des manifestations par les forces militaires égyptiennes sur la Place Tahrir, au Caire, qui a fait au moins 11 morts et plus de 500 blessés depuis vendredi.

« Les images de manifestants en train de se faire brutalement matraqués et frappés, longtemps après le moment où ils ne montrent plus aucune résistance, sont extrêmement choquantes », a estimé lundi Navi Pillay dans un communiqué.

« Des personnes gisant inanimées sur le sol sont montrées dans des vidéos en train de se faire taper sur la tête et le corps avec des matraques. Ce sont des actes menaçants et inhumains qui ne peuvent être possiblement justifiés par le maintien de l'ordre et la gestion des foules », a-t-elle ajouté.

La Haut commissaire a rappelé qu'il y a un mois elle avait déjà déploré l'utilisation excessive de la force, y compris avec à balles réelles, par les forces de sécurité et militaires contres des manifestants pacifiques.

« Il semble que les forces de sécurité égyptiennes et leur commandants politiques et militaires n'ont rien appris de l'année écoulée, y compris le fait que des actions comme celles-ci peuvent simplement alimenter la colère des manifestants et qu'entamer la résolution des problèmes politiques, sociaux et économiques est plus difficile encore », a souligné Mme Pillay.

Elle a appelé les autorités à ouvrir une enquête impartiale et indépendante sur tous les abus et la répression perpétrée contre les manifestants ces derniers mois, y compris sur les assassinats, sur la torture et l'utilisation excessive de la force.

« Les autorités égyptiennes doivent montrer un engagement réel pour le respect des droits de l'homme, notamment au travers de l'éradication des mauvais traitements, d'une réforme globale du secteur de la sécurité, de la levée de l'Etat d'urgence et du respect de l'Etat de droit et des libertés fondamentales, particulièrement la liberté d'expression et la liberté d'assemblée et d'association », a conclu Navi Pillay.

Dimanche, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté les autorités de transition en Egypte à faire preuve de retenue suite à plusieurs jours d'affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants dans la capitale le Caire qui auraient fait au moins dix morts et des centaines de blessés selon la presse.

« Le Secrétaire général est très inquiet par l'usage excessif de la force de la part des forces de sécurité contre des manifestants et il a fait appel aux autorités de transition à faire preuve de retenue et de respecter les droits de l'homme, dont le droit de manifester de façon pacifique », a déclaré le porte-parole de M. Ban Ki-moon dans un communiqué.

« Le Secrétaire général souligne l'importance d'une atmosphère calme pour faciliter le processus électoral qui doit permettre la mise en place d'un système démocratique et le retour d'un gouvernement civil », a-t-il ajouté.

 

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