Cambodge : l'accusée Ieng Thirith va rester en détention

14 décembre 2011

La Chambre de la Cour Suprême des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), le tribunal spécial créé par le gouvernement cambodgien et l'ONU pour juger les Khmers rouges, a décidé mardi de faire droit à l'appel de la décision rendue le 17 novembre décidant la libération sans condition de l'ancienne khmer rouge Ieng Thirith pour raisons de santé.

Le 17 novembre, la Chambre préliminaire des CETC avait décidé qu'Ieng Thirith était incapable de suivre son procès après qu'une expertise médicale avait déclaré qu'elle souffrait de démence, probablement causée par la maladie d'Alzheimer, et qu'elle devait être libérée et les poursuites abandonnées. Les Co-Procureurs du tribunal avaient fait appel de cette décision.

Dans une décision adoptée mardi à la majorité, la Chambre de la Cour Suprême a estimé que la Chambre préliminaire du tribunal devait « épuiser toutes les mesures disponibles pouvant aider l'accusée à devenir apte à être jugée ».

La décision a été adoptée dans la perspective d'une « possible, même légère, amélioration de la santé mentale de l'accusée », ont expliqué mardi les CETC dans un communiqué. Il a été conclu que l'accusée devrait rester en détention provisoire.

La décision a recommandé le traitement de l'accusée dans un service hospitalier au Cambodge durant les six prochains mois, période après laquelle, la Chambre préliminaire du Tribunal pourra déterminer si Ieng Thirith est apte à être jugée.

Ieng Thirith, qui était la Ministre des affaires sociales sous le régime du Kampuchea démocratique, est accusée de génocide et crimes contre l'humanité avec son mari, l'ancien Ministre des affaires étrangères Ieng Sary, aussi connu sous le nom de « frère numéro deux ». D'autres dignitaires du régime des Khmers rouges sont également poursuivis.

Dans sa décision du 17 novembre dernier, la Chambre préliminaire a estimé que Mme Thirith souffrait d'une maladie « progressivement dégénérative » qui ne s'améliora probablement pas, même avec des soins. Quatre experts psychiatriques qui ont examiné Mme Thirith soutiennent ce diagnostic.

Un médecin expert en gériatrie a conclu que Mme Thirith serait incapable de comprendre les charges retenues contre elle, de suivre le procès ou même de comprendre les témoignages d'évènements qui ont eu lieu il y a 35 ans et qu'elle serait encore moins capable de témoigner en sa propre défense. La Chambre prélimintaire avait alors ordonné sa libération de prison.

Les CETC ont été mis en place en 2006. L'ONU fournit une assistance par le biais de l'Assistance des Nations Unies aux procès des Khmers rouges (UNAKRT) et participe aux activités du tribunal.

 

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