Syrie : l'ONU appelle à protéger la population

12 décembre 2011

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué que plus de 5.000 personnes auraient été tuées dans le cadre de la répression des manifestations depuis le mois de mars.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a informé lundi le Conseil de sécurité sur la situation en Syrie et a notamment indiqué que plus de 5.000 personnes auraient été tuées, dont plus de 300 enfants, dans le cadre de la répression des manifestations depuis le mois de mars de cette année.

« Des informations crédibles provenant de diverses sources reçues par mon bureau indiquent que le nombre total de personnes tuées depuis le début des manifestations en mars dépasse probablement les 5.000 », a dit Mme Pillay devant les membres du Conseil de sécurité lors d'une séance à huis-clos, selon un communiqué de presse du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Mme Pillay a exprimé sa grande inquiétude concernant des informations indiquant qu'une attaque de grande envergure se prépare contre la ville de Homs, même si elle a précisé qu'elle n'était pas en mesure de confirmer l'exactitude de ces informations puisque les autorités syriennes n'ont pas permis au HCDH d'entrer dans le pays.

« Je suis consternée par le flux constant de violations graves qui ont eu lieu depuis les premières manifestations en mars et je suis préoccupée par la répression impitoyable qui attise les tensions sectaires de façon délibérée, particulièrement dans la ville de Homs, ce qui risque de faire basculer le pays dans la guerre civile », a déclaré Mme Pillay au Conseil de sécurité.

« Le gouvernement syrien a manifestement ignoré les appels et les condamnations de la communauté internationale et du Conseil de sécurité », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Pillay, « la nature répandue et systématique » des tueries, la détention « d'un très grand nombre » de personnes, et les actes de torture dans les centres de détentions constitueraient des crimes contre l'humanité et elle a demandé que le cas de la Syrie soit transmis à la Cour pénale internationale (CPI).

« Nous pouvons citer un grand nombre de situations tragiques où l'absence de véritable enquête a mené à des situations où la violence et la répression se poursuivent. Nous ne pouvons pas nous permettre de refaire les mêmes erreurs, » a souligné Mme Pillay en appelant le Conseil de sécurité à parler d'une seule voix et à prendre des mesures collectives et efficaces de façon urgente pour protéger la population syrienne.

 

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