Soudan du Sud : l'ONU appelle a mettre un terme aux violences dans l'Etat de Jonglei

Hilde Johnson, Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud.
Hilde Johnson, Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Soudan du Sud.

Soudan du Sud : l'ONU appelle a mettre un terme aux violences dans l'Etat de Jonglei

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a condamné vendredi une attaque meurtrière contre le village de Jalle, dans l'Etat de Jonglei, et appelé le gouvernement du Soudan du Sud, les leaders traditionnels et les autres autorités à mettre un terme à toute violence et à traduire les responsables de ces crimes en justice.

« Ce cycle de violence doit cesser », a dit la Représentante spéciale de l'ONU au Soudan du Sud, Hilde Johnson, dans un communiqué de presse.

Lundi dernier, des attaques dans le village de Jalle ont causé la mort de 40 villageois, la plupart étant des femmes, des enfants et des personnes âgées, et fait de nombreux blessés. Des bâtiments et des maisons ont été brulés. Deux autres comtés ont aussi été affectés par des tueries, a indiqué la MINUSS par communiqué.

« En respectant le besoin de se protéger eux-mêmes, les communautés de Jonglei devraient être encouragées à éviter la mobilisation de combattants car cela va perpétuer le cycle de violence de masse et de représailles », a déclaré Mme Johnson, alors que des Casques bleus se sont rendus sur les lieux des violences.

Pour sa part, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est inquiété vendredi de la situation de plus en plus dangereuse dans laquelle se trouvent quelque 20.000 réfugiés du Soudan du Sud alors que les combats font rage près de la frontière nord avec le Soudan.

« Alors que les affrontements armés dans la zone frontalière de Jau n'ont pas atteint le site d'installation de réfugiés de Yida situé quelques kilomètres plus loin, les craintes d'attaques ont fait fuir certains réfugiés dans la brousse. L'insécurité croissante a également affecté l'accès humanitaire et l'acheminement de l'aide, provoquant des perturbations fréquentes dans l'assistance fournie à Yida », a dit une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève.

Le HCR continue de travailler avec ses partenaires à Yida pour fournir des services d'urgence, comme des vivres, de l'eau et des soins de santé aux réfugiés ayant fui la région du Kordofan méridional, au Soudan, ces derniers mois. Entre 60 et 110 personnes continuent d'arriver quotidiennement à Yida.

« Nous craignons que les combats s'étendent à Yida, touché par des frappes aériennes en novembre. Le HCR redouble d'efforts pour éloigner les réfugiés de la frontière instable vers de nouveaux sites pouvant offrir plus de sécurité et d'assistance à l'intérieur des terres du Soudan du Sud », a dit Mme Fleming.

« Jusqu'à présent, la plupart des réfugiés ont été réticents à quitter Yida et à s'éloigner davantage de chez eux au Soudan. Ils craignent également le risque de mines antipersonnel sur les routes vers l'intérieur des terres. Pour sécuriser le passage, le Service de l'action antimines des Nations Unies effectue des actions de détection et de déminage. Nous espérons transférer très prochainement un premier groupe de réfugiés qui le désirent », a-t-elle ajouté.

Pendant ce temps, dans la partie orientale du Soudan du Sud, les réfugiés continuent d'arriver à une fréquence de 650 par jour, en provenance de l'Etat du Nil Bleu au Soudan. Un groupe de 10.000 réfugiés a récemment été identifié près d'Elfoj dans le comté de Maban dans l'Etat du Nil Supérieur au Soudan du Sud. Des milliers d'autres personnes se trouveraient bloquées dans des endroits reculés le long de la frontière. Le HCR et ses partenaires sont en train de mettre en place un nouveau site d'installation dans le comté de Maban pour les accueillir, en plus du site de Doro qui héberge déjà 20.000 personnes récemment arrivées en provenance du Nil Bleu.

Au total, le Soudan du Sud a accueilli plus de 50.000 réfugiés en provenance des Etats du Nil Bleu et du Kordofan méridional au Soudan ces derniers mois.

L'Ethiopie voisine a accueilli près de 33.000 réfugiés soudanais depuis juin, la grande majorité fuyant l'Etat du Nil Bleu. Ce chiffre comprend plus de 18.000 personnes arrivées récemment hébergées dans deux camps et un centre de transit et environ 14.000 autres vivant dans des communautés d'accueil dans les régions frontalières. En coopération avec les autorités locales, le HCR agrandit les camps de réfugiés existants pour y transférer les réfugiés vivant dans des familles locales.