Syrie : l'ONU affirme que ses chiffres sur la répression sont crédibles

9 décembre 2011

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a réaffirmé vendredi que les sources d'information des Nations Unies concernant la répression en Syrie étaient crédibles, objectives et impartiales.

« Les Nations Unies répondent aux défis et problèmes de violations des droits de l'homme en Syrie et ailleurs sur une base impartiale, équitable, objective et crédible », a dit Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse qui s'est tenue dans le camp de réfugiés somaliens de Dadaab, situé au nord du Kenya.

« En tant que Secrétaire général je peux clairement dire que les missions des Nations Unies seront toujours basées sur l'impartialité, la neutralité, la protection des droits humains et la dignité », a-t-il ajouté en réponse à une question d'un journaliste sur l'entretien accordé cette semaine par le Président syrien Bachar Al-Assad à une chaîne de télévision américaine.

Interrogé sur l'estimation du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme faisant état de plus de 4.000 morts en Syrie depuis le début du mouvement populaire dans ce pays en mars dernier, le chef de l'ONU a estimé que cette estimation était crédible.

« Toutes ces informations crédibles indiquent que plus de 4.000 personnes ont été tuées par les forces gouvernementales », a-t-il expliqué.

Selon Ban Ki-moon, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a été claire sur les différentes sources utilisées.

Lors d'une conférence de presse à New York, Navi Pillay a également indiqué que les sources d’information des Nations Unies concernant la répression en Syrie étaient crédibles, contrairement à ce qu’a affirmé, cette semaine, le Président syrien Bachar Al-Assad, lors d’un entretien accordé à une chaîne de télévision américaine.

Elle a rappelé que la Commission internationale indépendante chargée d’enquêter sur les évènements en Syrie, et qui a rendu son rapport le 28 novembre dernier, avait recueilli les témoignages de près de 230 victimes ou témoins, en particulier des civils et des déserteurs de l’Armée et des Forces de sécurité syriennes.

Si la Commission ne s’est pas rendue en Syrie, cela ne signifie pas un manque d’accès à une information fiable, a-t-elle ajouté, tout en insistant sur la nécessité de ne pas mettre en danger la vie des témoins. Elle a ajouté que le rapport avait été transmis au représentant syrien auprès du Conseil des droits de l’homme, afin de donner la possibilité à la Syrie de répondre aux conclusions du rapport.

Se félicitant de l’adoption, au début du mois de décembre, par le Conseil des droits de l’homme d’une résolution condamnant fermement les violations graves et systématiques des droits de l’homme commises en Syrie, elle a indiqué qu’il appartenait au Conseil de sécurité de décider de se saisir de la situation en Syrie. La Haut-Commissaire a ajouté « qu’une initiative était en cours afin de soumettre au Conseil de sécurité toutes les informations disponibles sur la situation en Syrie ».

En août dernier, la répression en Syrie avait coûté la vie à plus de 2 000 personnes et ce chiffre s’élève, aujourd’hui à 4 000. Face à cette augmentation très préoccupante, elle a déclaré qu’elle appuyait le plan de la Ligue des États arabes visant à déployer des observateurs en Syrie. Un tel déploiement contribuerait, a-t-elle dit, à la protection des civils.

 

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