Abyei : l'ONU appelle les parties à revenir à la table des négociations

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.
Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.

Abyei : l'ONU appelle les parties à revenir à la table des négociations

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a appelé jeudi les autorités du Soudan et du Soudan du Sud à revenir à la table des négociations afin de régler le problème du statut de la zone d'Abyei, située à la frontière des deux pays.

« Un retour à la table des négociations est absolument essentiel afin de prévenir que les deux pays ne tombent dans une spirale de violence, ce qui inévitablement aurait un impact sur toute la région », a déclaré M. Ladsous lors d'un exposé sur la situation d'Abyei devant le Conseil de sécurité.

« J'exhorte les membres du Conseil à encourager les deux parties à faire des efforts sur la mise en œuvre du mandat de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), le statut à long terme d'Abyei et la résolution de tous les problèmes en suspens », a-t-il ajouté.

Pour le chef des Casques bleus, « la situation sécuritaire dans la zone d'Abyei demeure fragile ». Les Forces armées du Soudan et du Sud Soudan ne se sont toujours pas retirées de la zone, malgré l'accord du 20 juin dernier qui prévoit la démilitarisation de la zone. La zone d'Abyei doit décider par référendum si elle veut être rattachée au Soudan ou au Soudan du Sud, qui a proclamé son indépendance en juillet 2011.

Au nord de la rivière Kiir/Bahr-el-Arab, les unités des Forces armées et de la Police du Soudan demeurent présentes dans la ville d'Abyei, à Goli et à Diffra. Au sud de la rivière, le 9 novembre, l'Armée populaire de libération du Soudan du Sud a transféré l'état-major de sa brigade à Mijan Kol, à peu près à trois kilomètres au sud de la limite de la zone. Du personnel de la Police du Soudan du Sud (SSPS) demeure néanmoins présent à l'intérieur de la zone.

« Il semblerait que les deux parties soient en train de remplacer leur personnel militaire par des policiers, en contradiction avec la lettre et l'esprit de l'accord du 20 juin », a expliqué M. Ladsous.

« Les négociations se sont concentrées sur le pétrole et les arrangements financiers transitionnels ainsi que sur les problèmes de frontières », a souligné M. Ladsous déplorant « qu'aucun accord sur la prochaine phase relative au processus de démarcation de la frontière n'a été trouvé ».

« Dans ce contexte, la sécurité à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud reste préoccupante », a-t-il prévenu déplorant le manque de confiance entre les parties.

« En dépit des efforts significatifs du Panel de haut niveau de l'Union africaine, menés par le Président Mbeki, et de l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan et le Soudan du Sud, Haile Menkerios, très peu de progrès ont été réalisés dans la mise en place de l'administration de la zone d'Abyei », a-t-il conclu.