Mafias, pandémies et changement climatique menacent la sécurité - ONU

23 novembre 2011

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et plusieurs chefs d'agences onusiennes ont tiré mercredi la sonnette d'alarme devant les membres du Conseil de sécurité sur l'impact du crime transnational organisé, des pandémies et du changement climatique sur la sécurité internationale.

« Aucun de ces défis n'est nouveau. Ce qui est nouveau, c'est qu'ils sont de plus en plus transnationaux, de plus en plus aigus et qu'ils ont une plus grande implication pour les êtres humains et les Etats et pour la sécurité régionale et internationale », a estimé Ban Ki-moon lors d'un discours prononcé devant le Conseil de sécurité à l'occasion d'une réunion sur la sécurité, la paix internationale et la prévention des conflits.

« Premièrement, aucun pays, aucune région, aussi puissante puisse-t-elle être, ne sera en mesure d'affronter ces menaces. Cela ne peut être réglé que grâce à la coopération régionale et internationale. Les Nations Unies vont continuer à jouer un rôle clé en favorisant cette coopération », a-t-il ajouté.

Le Chef de l'ONU a appelé à renforcer les liens entre les différentes agences de l'ONU agissant dans les domaines qui touchent à ces trois grands défis.

Le chef de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a pour sa part souligné l'impact considérable du trafic de drogues sur la sécurité des Etats.

« L'impact du trafic transnational de cocaïne a un effet dévastateur des deux côtés de l'Atlantique. En Europe, en particulier, le volume de cocaïne consommé a doublé au cours de la dernière décennie », a déploré M. Fedotov soulignant également les ravages du trafic de drogues sur les pays d'Afrique de l'Ouest.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a pour sa part mis en garde les membres du Conseil de sécurité sur la menace croissante sur la paix et la sécurité internationale posée par le changement climatique.

« Il est inutile de poser la question simpliste sur le nombre de personnes qui seront déplacées par le changement climatique », a-t-il expliqué.

« Nous devrions plutôt répondre à un problème plus complexe sur la façon dont le réchauffement de la planète, la montée du niveau des océans, les changements météorologiques et d'autres manifestations du changement climatique interagissent, voire renforcent, d'autres déséquilibres à l'échelle mondiale. Ces facteurs deviennent alors de puissants générateurs d'instabilité, de conflit et de déplacement de population », a-t-il prévenu.

António Guterres a notamment cité le déclin de l'agriculture dans les pays développés et la compétition pour les ressources rares comme l'eau et les terres cultivables comme étant des causes potentielles à la fois de conflit et de déplacement de populations.

Il a également évoqué les risques pour la citoyenneté encourus par des personnes forcées d'abandonner leurs petits Etats insulaires du fait de la montée du niveau des océans, et le lien devenant de plus en plus concret entre le changement climatique et les inondations ou d'autres catastrophes naturelles – qui auraient déplacé plus de 40 millions de personnes en 2010.

António Guterres a appelé les membres du Conseil de sécurité à adopter des mesures immédiates pour limiter l'ampleur des conséquences du changement climatique générant le conflit et le déplacement. Il a souligné l'importance pour la communauté internationale de mettre en œuvre un programme de soutien pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter et à faire face.

« Assurer ce soutien est un impératif humanitaire. Il y va également de notre intérêt commun », a indiqué António Guterres.

« Si le changement climatique n'est pas encadré, et si nous échouons dans la recherche de solutions durables pour les populations déplacées, nous créerons les conditions pour de nouvelles atteintes à la paix et à la sécurité internationales », a-t-il conclu.

Pour sa part, la chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, a insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance et le partage d'informations pour lutter contre les pandémies.

 

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