L'ONU veut renforcer la protection des civils dans les conflits armés

9 novembre 2011

Lors d'un débat public mercredi au Conseil de sécurité des Nations Unies sur la protection des civils dans les conflits armés, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a insisté sur la responsabilité de la communauté internationale de protéger les civils face aux horreurs de la guerre.

« Dans les conflits du monde, les femmes, les filles, les garçons et les hommes sont toujours victimes de violations flagrantes et fréquentes des droits de l'homme et du droit humanitaire », a déclaré Ban Ki-moon en citant l'homicide, le viol ou encore la mutilation comme violations récurrentes en période de conflits.

« Souvenons-nous que si les civils doivent endurer ces horreurs ce n'est pas parce qu'ils sont au mauvais endroit au mauvais moment et deviennent ce que l'on qualifie, à l'aide d'un euphémisme, de 'dommages collatéraux'. Les civils souffrent de plus en plus souvent car ils sont délibérément pris pour cibles », a rappelé le Secrétaire général.

Ban Ki-moon a identifié cinq défis majeurs à soulever pour mieux protéger les civils dans les conflits armés.

Premièrement, il faut assurer plus de respect pour les droits de l'homme et le droit humanitaire au niveau international. Le Conseil de sécurité doit agir par des condamnations fermes et si nécessaire par des menaces de sanctions ciblées, la création de commissions d'enquête ou la saisie de la Cour pénale internationale.

Deuxièmement, il faut développer les contacts avec les groupes armés qui ne dépendent pas d'un Etat afin de les contraindre à respecter la loi.

Troisièmement, il faut un dispositif composé de casques bleus bien entraînés, ayant les ressources nécessaires et prêts à intervenir.

Quatrièmement, il faut assurer l'accès humanitaire aux populations affectées par un conflit.

Et finalement il faut assurer une responsabilité accrue de toutes les parties prenantes à un conflit, a dit Ban Ki-moon.

« La protection est essentielle. Nous ne devons pas perdre de vue le besoin de régler les problèmes de fonds qui causent les conflits et pas seulement les symptômes. Les organisations humanitaires peuvent aider les populations à survivre. Mais ce n'est qu'en trouvant des solutions politiques que les conflits peuvent être résolus », a souligné le Secrétaire général.

De son côté, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a rappelé les grands évènements qui ont marqué le monde depuis le printemps. Un nouveau gouvernement démocratiquement élu a repris le contrôle en Côte d'Ivoire, la nation du Soudan du Sud a vu le jour et une nouvelle ère a commencé en Libye après la fin des combats.

« Dans tous ces cas, des progrès ont été faits pour répondre aux aspirations des peuples en matière de paix, de justice, de droits de l'homme et de démocratie. Il est maintenant d'une importance capitale de consolider ces avancées en assurant la responsabilité et le respect des lois », a déclaré Mme Pillay.

Lorsque les autorités nationales ne prennent pas la responsabilité d'enquêter sur des accusations crédibles de violations graves des droits de l'homme, il revient à la communauté internationale de le faire et d'établir les faits de façon rigoureuse, a-t-elle estimé.

« Depuis deux décennies, mon bureau a soutenu plus de 30 commissions d'enquêtes et mécanismes similaires, mis en place soit par le Conseil de sécurité, le Conseil des droits de l'homme, le Secrétaire général ou à l'aide du mandat de mon propre bureau » a rappelé la Haut commissaire.

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a pour sa part exprimé sa préoccupation concernant la situation en Syrie où les opérations militaires ont fait de nombreux morts parmi les civils et où les droits de l’homme ont été systématiquement bafoués.

« Comme souvent dans ces cas, les auteurs de ces atrocités n’ont pas été tenus responsables des violations commises et il y a un manque de justice pour les victimes. Cette défaillance de la responsabilité doit être réparée tout de suite. Nous ne pouvons pas continuer d’ignorer les crimes de guerre et les violations des droits de l’homme dans les conflits armés », a déclaré Mme Amos dans une déclaration lue par la Sous Secrétaire générale aux affaires humanitaires, Catherine Bragg.

« Nous ne pouvons pas non plus priver les victimes de justice pour les torts qu’elles on endurés. Nous devons faire plus pour assurer la protection des civils et pour faire des progrès dans le domaine le plus critique, c'est-à-dire dans les conflits », a-t-elle poursuivi.

 

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