Le Cambodge a besoin d'un pouvoir judiciaire indépendant - expert de l'ONU

Le Cambodge a besoin d'un pouvoir judiciaire indépendant - expert de l'ONU

Surya Prasad Subedi.
Malgré les progrès réalisés au cours des vingt années depuis les accords de paix de Paris qui ont mis fin à deux décennies de combats au Cambodge, il reste encore beaucoup à faire pour remplir la promesse des accords, notamment l'institution d'un système judiciaire indépendant et d'une démocratie pluraliste, a averti un expert des Nations Unies.

Malgré les progrès réalisés au cours des vingt années depuis les accords de paix de Paris qui ont mis fin à deux décennies de combats au Cambodge, il reste encore beaucoup à faire pour remplir la promesse des accords, notamment l'institution d'un système judiciaire indépendant et d'une démocratie pluraliste, a averti un expert des Nations Unies.

« Le Cambodge a indéniablement progressé au cours des 20 dernières années, avec la paix et la stabilité apportant d'énormes dividendes en termes de richesse et de développement », a dit le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Cambodge, Surya P. Subedi, dans un message marquant le 20e anniversaire dimanche des accords de Paris.

« Des institutions ont été créées et des lois ont été rédigées. Cependant, le défi reste la mise en œuvre de plusieurs de ces lois et le bon fonctionnement de ces institutions », a-t-il ajouté, appelant à faire de ces accords une réalité pour tous les Cambodgiens.

« L'indépendance du pouvoir judiciaire doit être ancré dans les lois fondamentales sur le pouvoir judiciaire, qui attendent d'être adoptées depuis 1993 et la démocratie pluraliste dans le pays a besoin d'être approfondie et renforcée, notamment alors que le Cambodge entre dans deux années électorales », a-t-il souligné.

Le juge Siegfried Blunk, le co-juge d'instruction étranger au tribunal mis en place pour juger les personnes accusées de crimes sous le régime des Khmers rouges, a démissionné récemment en reprochant à de hauts responsables du gouvernement cambodgien de s'ingérer dans le travail du tribunal.

La semaine dernière, la Conseillère juridique de l'ONU, Patricia O'Brien, a rencontré le Vice-Premier ministre du Cambodge, Sok An, à Phnom Penh, la capitale du pays, et a exhorté le gouvernement à s'abstenir de s'ingérer dans les affaires instruites par le tribunal, officiellement connu sous le nom des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC).