HCR : 20.000 Somaliens ont fui cette année au Yémen malgré son instabilité

La Société pour la solidarité humanitaire patrouille la côte yéménite pour aider les gens qui traversent le Golfe d'Aden.
La Société pour la solidarité humanitaire patrouille la côte yéménite pour aider les gens qui traversent le Golfe d'Aden.

HCR : 20.000 Somaliens ont fui cette année au Yémen malgré son instabilité

La situation humanitaire qui se dégrade en Somalie a déjà forcé plus de 318.000 Somaliens à fuir depuis le début de l'année, dont 20.000 au Yémen, a indiqué vendredi le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Alors que la majorité d'entre eux recherchent la sécurité et une aide humanitaire dans les pays voisins, au Kenya et en Ethiopie, de nombreux Somaliens continuent à se diriger vers le nord du pays pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden », a déclaré un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Depuis janvier, 20.000 nouveaux réfugiés somaliens sont arrivés au Yémen. Dans les centres de réception au Yémen, les nouveaux arrivants témoignent auprès de notre personnel des principales raisons de leur exil depuis la Somalie, qui sont la sécheresse, la famine, le conflit et le recrutement forcé », a-t-il ajouté.

Entre janvier et juillet, les arrivées de Somaliens s'élevaient en moyenne à 1.600 personnes par mois. Leur nombre s'est accru à 4.500 en août et 3.292 en septembre, et ce malgré l'instabilité au Yémen. « Au total, quelque 196.000 réfugiés somaliens se trouvent désormais au Yémen, où nos ressources sont encore fragilisées par le déplacement interne qui affecte plus de 415.000 personnes », a dit le porte-parole.

« La dégradation des conditions de sécurité rend notre travail plus dangereux et plus complexe. Les combats dans le gouvernorat d'Abyan, à l'est d'Aden, au Yémen, rendent de plus en plus difficile le transport des nouveaux arrivants depuis les centres de réception situés le long du golfe vers le camp de réfugiés de Kharaz », a-t-il ajouté.

Dans les centres d'accueil et de transit le long de la côte, le HCR informe les nouveaux arrivants sur la situation actuelle et les risques potentiels au Yémen. Cependant, de nombreux réfugiés choisissent de ne pas attendre et quittent les centres à pied, pour traverser des zones affectées par le conflit.

La plupart des nouveaux arrivants ne connaissent pas la situation au Yémen et des conditions auxquelles ils seraient confrontés. Beaucoup ont quitté la Somalie en espérant qu'ils pourraient continuer leur chemin vers d'autres pays du Golfe ou trouver du travail au Yémen. Cependant, la dégradation de la situation de sécurité a limité leur liberté de mouvement et les opportunités d'emploi pour les réfugiés au Yémen se réduisent rapidement.

Pour ces raisons, certains des réfugiés envisagent désormais de rentrer en Somalie. Le HCR mène un programme de rapatriement volontaire, uniquement vers les régions relativement stables du Puntland et du Somaliland en Somalie pour les réfugiés qui en sont originaires. Cependant, la plupart des Somaliens au Yémen sont originaires des régions au sud et au centre de la Somalie, qui sont instables et déchirées par le conflit.

Le nombre de ressortissants d'autres pays, principalement des Ethiopiens, arrivant dans le pays a également augmenté significativement. En septembre, 8.787 personnes, majoritairement des Ethiopiens, sont arrivés au Yémen. Avec les 3.292 Somaliens, le total des arrivants par la mer est de 12.079 durant le seul mois de septembre. C'est le nombre d'arrivants le plus important depuis que le HCR a commencé à compiler ces statistiques en janvier 2006.

L'instabilité au Yémen donne également de nouvelles opportunités aux trafiquants d'êtres humains le long des côtes de la mer Rouge au Yémen.

Le HCR fait état d'informations persistantes sur l'enlèvement de migrants ou de réfugiés à leur arrivée – majoritairement pour obtenir une rançon ou pour une extorsion. Alors que les principaux objectifs semblent se porter sur les migrants éthiopiens cherchant une vie meilleure dans les pays du Golfe, des ressortissants somaliens ont également été enlevés.

L'insécurité empêche souvent les patrouilles d'équipes humanitaires d'accéder aux nouveaux arrivants avant les trafiquants d'êtres humains. Une autre tendance inquiétante concerne les abus et les agressions sexuelles, en mer, sur les femmes réfugiées et migrantes.

« Avec nos partenaires, nous fournissons des soins médicaux et une aide psychologique aux rescapées. L'information est également transmise à la police yéménite pour un suivi », a souligné M. Mahecic. « Malgré l'instabilité et l'insécurité, le HCR et ses partenaires continuent à travailler sur le terrain pour fournir protection et assistance qui s'avèrent essentielles ».