Corée du Nord : l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la crise humanitaire

21 octobre 2011

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a tiré vendredi la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire en République populaire démocratique de Corée (RPDC) après une visite de cinq jours dans ce pays où six millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire.

Mme Amos s'est rendue dans la capitale Pyongyang pour y rencontrer des représentants du gouvernement, des agences de l'ONU sur place, des ONG et des membres du corps diplomatique international. Elle a également visité les provinces de Kangwon et de Hamgyong du sud.

« Les rations alimentaires apportées par le système de distribution public ont chuté de 400 grammes par personne et par jour à 200 grammes en juillet et sont restées à ce niveau depuis, ce qui a aggravé les difficultés des gens ordinaires en RPDC, » a expliqué Mme Amos lors d'une conférence de presse à Beijing, en Chine, après sa visite en Corée du Nord.

Il manque actuellement 1 million de tonnes de nourriture sur une consommation totale de 5,3 millions de tonnes. De plus, la qualité nutritionnelle des denrées disponibles est faible, les gens survivent grâce à du maïs, du riz et des choux, a-t-elle précisé.

Des données récentes montrent que 33% des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. La population en RPDC doit faire face à cette crise alimentaire dans un contexte de pauvreté chronique et de sous-développement.

« La lente détérioration des conditions de vie depuis le milieu des années 1990 a augmenté la vulnérabilité de la population. Ceux qui sont le moins capables de s'en sortir sont très exposés aux risques de chocs qui pourraient bouleverser le fragile système de distribution alimentaire public ou le système de santé public sous-financé. Quand le gouvernement n'arrive pas à faire parvenir assez de nourriture, il existe très peu de façons alternatives pour les plus vulnérable de s'alimenter à part avec l'aide de la très modeste assistance internationale, » a dit Mme Amos.

La production agricole en RPDC est limitée par la dégradation des sols, le manque d'engrais, une mauvaise qualité de semences et de carburants, une mécanisation quasi-inexistante ou encore des conditions climatiques difficiles. Les récoltes par hectare représentent à peine la moitié de celles de la majorité d'autres pays.

« La RPDC reste un pays avec une très grande insécurité alimentaire et une population qui est de plus en plus vulnérable face à sa dépendance envers un système de distribution alimentaire défaillant. Les plus vulnérables n'ont aucun contrôle sur leur propre situation et se retrouvent dans une situation de détresse sans être responsables de cette situation. Pour cette raison, nous ne pouvons pas nous détourner du peuple de la RPDC, malgré les nombreuses difficultés, » a souligné la Secrétaire générale adjointe.

 

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