Corée du Nord : un expert appelle à lutter davantage contre la crise alimentaire

Corée du Nord : un expert appelle à lutter davantage contre la crise alimentaire

Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en RPDC, Marzuki Darusman.
Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC), Marzuki Darusman, a proposé mercredi une double approche à la crise alimentaire en RPDC, en appelant la communauté internationale à augmenter la fourniture d'aide humanitaire et le gouvernement à réparer les failles dans son système de distribution alimentaire.

Dans un exposé devant la Troisième commission de l'Assemblée générale, M. Darusman a exprimé son inquiétude concernant les capacités du gouvernement de la RPDC à nourrir la population, et il a averti contre les risques de malnutrition et de maladies auxquels la population, et particulièrement les enfants, est exposée.

« Selon les informations dont nous disposons actuellement, les rations alimentaires distribuées par le gouvernement de la RPDC suffisent à peine à satisfaire la moitié des besoins en calories de 68% de la population de 16 millions qui reçoivent une aide alimentaire du gouvernement, » a expliqué l'expert en ajoutant que ces personnes ont du mal à combler le manque de nourriture à cause de leur pouvoir d'achat inexistant.

Le Rapporteur spécial a souligné que les problèmes structurels au sein du système de distribution alimentaire du gouvernement doivent être résolu sur le long terme et que l'aide alimentaire des agences de l'ONU tel que le Programme alimentaire mondial (PAM) est primordiale sur le court terme. Le PAM apportera une aide alimentaire d'urgence à 3,5 millions de personnes.

Cette mise en garde de M. Darusman intervient alors que la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, effectue cette semaine une visite dans le pays afin d'évaluer l'ampleur de la crise alimentaire.

Avant son départ, Mme Amos a déclaré qu'elle évaluerait les conditions sur le terrain et qu'elle s'entretiendrait avec les agences de l'ONU sur place afin de rassurer les bailleurs de fonds préoccupés par le fait que les ressources arrivent bien aux personnes qui en ont le plus besoin. Plusieurs bailleurs avaient exprimé des préoccupations sur le détournement éventuel des fonds.

Dans sa déclaration devant le Troisième commission de l'Assemblée générale, M. Darusman a expliqué que le travail de suivi et d'évaluation est particulièrement difficile dans le pays et il a exhorté le gouvernement à donner davantage d'accès pour effectuer ce travail de première importance afin de bien planifier et exécuter des opérations d'urgence et par la suite des programme d'aide au développement.

Dans son rapport qui couvre la période de mars à octobre 2011, le Rapporteur spécial a également évoqué d'autres problèmes urgents tels que le nombre croissant de personnes qui fuient le pays et qui sont victimes de la traite d'êtres humains.

Il est difficile d'évaluer le nombre exact des migrants, mais M. Darusman a affirmé qu'il y avait ce chiffre était en forte hausse depuis cinq ans et il a averti que cela représentait un grand risque, particulièrement pour les femmes et les enfants qui sont vulnérables à l'exploitation par des réseaux de traite d'êtres humains qui promettent une aide pour fuir le pays.

M. Darusman a expliqué que la situation pour les femmes était très précaire, qu'elles étaient souvent victimes de violence sur leur lieu de travail ou dans les communautés. Il a recommandé que l'agence onusienne pour l'autonomisation des femmes, ONU-Femmes, explore la possibilité d'établir une présence dans le pays pour aider le gouvernement à lutter contre la violence contre les femmes.