Thaïlande : les inondations révèlent le manque de préparation aux risques - ONU

La Représentante spéciale pour la réduction des risques de catastrophes, Margareta Wahlström.
La Représentante spéciale pour la réduction des risques de catastrophes, Margareta Wahlström.

Thaïlande : les inondations révèlent le manque de préparation aux risques - ONU

Les inondations qui frappent actuellement la Thaïlande, les pires connues par le pays en cinquante ans, ont révélé le manque de préparation aux catastrophes, a estimé lundi le bureau des Nations Unies pour la Stratégie internationale de prévention des catastrophes (SIPC).

Le manque de préparation de nombreuses entreprises privées en Thaïlande pour réduire le risque de catastrophes a causé des dégâts dans plus de 900 usines industrielles, dont celles des marques automobiles de Honda et de Toyota, ce qui a affecté plus de 200.000 travailleurs, a noté le bureau dirigé par Margareta Wahlström.

« Nous pouvons constater que les mesures de prévention doivent être renforcées en fonction des données météorologiques pour prendre en compte les risques connus qui sont la conséquence de la hausse des températures et des changements climatiques et météorologiques. Nous ne pouvons pas continuer de nous faire surprendre par ce qui n'est plus inattendu, » a déclaré le chef du bureau Asie-Pacifique de la SIPC, Jerry Velasquez.

Selon des rapports de situation de l'ONU, 26 provinces thaïlandaises, soit un tiers du pays sont sous l'eau. Douze provinces sont encore en alerte, y compris la capitale Bangkok et quelques 2,4 millions de personnes ont été affectées, dont 700.000 enfants.

D'autres pays de l'Asie du Sud-est sont également touchés. Au Cambodge, 17 provinces sur 23 sont inondées et au Viet Nam, 250.000 personnes sont affectées. Un demi-million de personnes sont touchées au Laos, où 64.000 hectares de terres arables ont été inondés et 254.000 personnes aux Philippines souffrent des effets d'une série de typhons.

Selon le Directeur de la division de l'environnement, des ressources naturelles et de l'agriculture de la Banque de développement asiatique, Javed Hussain Mir, les inondations auront des conséquences économiques pour la région. « Il est encore trop tôt d'avancer un chiffre exact, mais les estimations montrent que cela pourrait être entre deux et trois milliards de dollars pour la région, » a-t-il expliqué à la presse.

« Les dégâts causés aux récoltes sont une cause d'inquiétude pour le long terme. A court terme, cela n'entraînera pas une hausse soudaine des prix, car il y a suffisamment de réserves sur le marché international, mais dans les mois à venir et l'année prochaine, la catastrophe risque de créer des problèmes pour l'approvisionnement alimentaire ce qui pourrait faire flamber les prix, surtout des aliments de base comme le riz, » a prévenu M. Mir.