PNUD : les Haïtiens ont déblayé près de la moitié des décombres dus au séisme

12 octobre 2011

Plus de 40% des 10 millions de mètres cubes de gravats laissés en Haïti par le tremblement de terre de l'année dernière ont été dégagés au cours d'une des plus vastes opérations de déblayage jamais entreprises par les Nations Unies et leurs partenaires, placées sous la coordination du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Les propriétaires des maisons et des entreprises privées ont évacué 10% de gravats supplémentaires.

« C'était une tâche colossale, » raconte Jessica Faieta, une responsable du PNUD en Haïti. « Cela fait 20 mois qu'avec le gouvernement haïtien, les organisations de la société civile, la communauté internationale, et en particulier les membres des communautés, nous travaillons sans nous arrêter à ce nettoyage épique. »

Selon elle, les progrès réalisés depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010 doivent être mesurés à l'aune des problèmes auxquels est confronté le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental, qui a perdu 200.000 habitants, dont 30% de ses fonctionnaires, ainsi que des infrastructures essentielles.

Suite au séisme de magnitude sept qui a frappé le pays, plus de 80.000 bâtiments se sont effondrés dans la capitale Port-au-Prince et ses environs, laissant une masse de béton, acier et autres débris équivalente à 4000 piscines olympiques. Un an plus tard, environ deux millions de mètres cubes de décombres avaient été déblayés.

Aux côtés du gouvernement haïtien, le PNUD coordonne les activités de près de 50 partenaires actifs dans le pays – organisations non-gouvernementales nationales et internationales, secteur privé et agences sœurs des Nations Unies – en cartographiant toutes les initiatives de déblayage dans les zones affectées.

« Ces initiatives sont essentielles pour la reconstruction d'Haïti », note Nigel Fisher, coordonnateur résident et coordonnateur de l'action humanitaire des Nations Unies. « Nous œuvrons à la réhabilitation des quartiers et à l'amélioration des conditions de vie en restaurant l'accès aux services de base afin que les Haïtiens puissent rentrer chez eux en toute sécurité. »

Les Nations Unies aident également le gouvernement à finaliser une stratégie nationale de gestion des décombres, visant à mettre en place des outils de suivi et des normes pour l'enlèvement et le recyclage des gravats, ainsi qu'à préparer les partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux à faire face à de futures catastrophes naturelles.

Sur la base du plan national, le gouvernement devrait approuver de nouveaux sites de traitement des décombres dans la capitale. Jusqu'ici, les travailleurs chargés du déblayage ne disposaient que d'un unique site de traitement localisé à deux heures de route de la majorité des zones endommagées de Port-au-Prince.

Avec la mise à disposition de sites de traitement supplémentaires, au moins 50% des débris devraient pouvoir être broyés et réutilisés pour reconstruire les maisons, réparer les routes et rénover les quartiers.

Comme beaucoup de communautés pauvres densément peuplées affectées par le séisme vivent sur les collines, le transport d'engins ou d'équipements mécaniques lourds sur les sites a constitué un des problèmes les plus difficiles à résoudre. Une grande partie de la démolition et du déblayage des décombres a donc dû se faire à la main.

Le PNUD, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains, l'Organisation internationale du travail et le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) ont formé et recruté plus de 7.000 Haïtiens dans les domaines de l'enlèvement manuel et mécanique des gravats, du recyclage, de la réparation des maisons ainsi que du câblage électrique, de la charpenterie et de la maçonnerie.

Ces initiatives ont été approuvées et financées par la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti, qui rassemble des fonctionnaires haïtiens, l'ex-président des États-Unis Bill Clinton, et d'autres partenaires internationaux de haut niveau.

« L'implication des communautés est essentielle. Les Haïtiens doivent être au centre de la reconstruction, et la formation et l'autonomisation sont cruciale pour la réussite de leur gestion du redressement après le tremblement de terre », souligne Jessica Faieta.

 

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