Afghanistan : un rapport de l'ONU révèle l'usage de la torture dans les prisons

10 octobre 2011

La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a publié lundi un rapport révélant l'usage répandu de la torture et de mauvais traitements contre des détenus dans les centres de détention de la Direction nationale de la sécurité et de la Police nationale afghanes à travers le pays.

Le rapport rassemble des informations collectées entre les mois d'octobre 2010 et août 2011. Les experts ont conduit des entretiens avec 379 détenus dans 47 centres de détention de 22 provinces. Cette étude approfondie qui s'est achevée en septembre 2011 a constaté l'utilisation de techniques d'interrogatoire qui constituent des actes de torture. Selon l'étude, près de la moitié des détenus interviewés par les équipes de la MANUA ont été victimes de torture.

« Les conclusions de la MANUA indiquent que les mauvais traitements ne sont pas une politique gouvernementale ou institutionnelle », a toutefois déclaré lundi le Représentant spécial de l'ONU pour l'Afghanistan, Staffan de Mistura, dans un communiqué.

« Le fait que la Direction nationale de la sécurité et le Ministère de l'Intérieur coopèrent avec la MANUA sur un programme d'observation des conditions de détentions suggère que la réforme est à la fois possible mais aussi souhaitable, le gouvernement ayant annoncé des mesures pour mettre un terme à ces pratiques abusives », a-t-il ajouté.

Le rapport fait des recommandations pour la Direction nationale de la sécurité, le Ministère de l'Intérieur, le gouvernement afghan, les institutions judicaires afghanes et la Force internationale d'assistance à la sécurité. La MANUA s'est dite prête à assister le gouvernement afghan et la population pour atteindre les plus hauts standards des droits de l'homme en matière de détention.

« La torture est l'une des violations des droits de l'homme les plus graves selon le droit international, un crime selon le droit afghan, et strictement prohibé dans les deux droits », a déclaré la Directrice des droits de l'homme de la MANUA, Georgette Gagnon.

Selon elle, les auteurs de torture doivent être poursuivis et les autorités afghanes doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin de prévenir et mettre un terme à de tels actes à l'avenir.

Suite aux conclusions du rapport, la Force internationale d'assistance à la sécurité a arrêté de transférer les détenus dans les 16 installations identifiées par la MANUA comme des centres où des preuves d'actes de tortures et de mauvais traitements ont été rapportées.

 

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