L'ONU demande davantage de ressources pour le secteur de la santé mentale

10 octobre 2011

À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté lundi les autorités sanitaires dans le monde à consacrer davantage de ressources pour les soins de santé mentale, un secteur qui ne reçoit pas les financements et l'attention nécessaires pour répondre à ce problème de santé publique majeur.

« Les troubles mentaux contribuent considérablement aux maladies et aux décès prématurés et représentent 13 % des causes de morbidité dans le monde, » a rappelé Ban Ki-moon dans un message à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne sur quatre a besoin de soins de santé mentale à un moment ou un autre de la vie, mais les dépenses globales allouées à la santé mentale ne dépassent pas trois dollars par personne en moyenne.

Le ralentissement économique mondial et les mesures d'austérité qui y sont liées ne font qu'augmenter les risques de mauvaise santé mentale à travers le monde, une situation qui est empirée par le fait que les problèmes mentaux imposent souvent aux individus et aux ménages un fardeau financier qui les précarise.

« Les personnes souffrant de ces troubles – ainsi que leur famille – sont en plus victimes de stigmatisation et de discrimination et sont traités injustement, ce qui les prive de leurs droits civils et politiques et entrave leur capacité de participer à la vie publique de la société à laquelle ils appartiennent, » a rappelé le Secrétaire général.

Des données récentes de l'OMS montrent clairement que la part des budgets de santé qui est consacrée à la santé mentale est trop faible. La plupart des pays à revenu faible ou moyen lui consacrent moins de 2% de leurs dépenses, et nombreux sont les pays qui comptent moins d'un spécialiste de la santé mentale pour 1 million d'habitants.

« Nous ne saurions espérer voir s'améliorer les statistiques mondiales de la santé mentale si nous ne contribuons pas davantage, par des moyens financiers et autres, à la promotion de la santé mentale et à la fourniture des services voulus à ceux qui en ont besoin, » a mis en garde Ban Ki-moon.

Les maladies mentales peuvent être traitées avec efficacité. Il existe des mesures de prévention et de prophylaxie qui sont réalistes, abordables et économiques et qui sont appliquées, dans le cadre du Programme d'action de l'OMS intitulé « Combler les lacunes en santé mentale ».

« Toutefois, si nous voulons passer résolument des constatations aux actes, il nous faut des dirigeants forts, des partenariats renforcés et nous devons y consacrer de nouvelles ressources. Engageons-nous aujourd'hui à investir dans la santé mentale; nous en serons gagnants!, » a déclaré le Secrétaire général.

De son côté, le Sous-directeur général de l'OMS Ala Alwan a expliqué que la majorité des ressources allouées à la santé mentale vont à des services dont bénéficient seulement une petite partie de ceux qui en ont besoin.

« Aujourd'hui, presque 70% des dépenses pour la santé mentale vont aux institutions spécialisés tels que les hôpitaux psychiatriques. Si les pays allouaient davantage au niveau de la santé primaire, ils pourraient atteindre plus de patients et aborder les problèmes plus tôt, ce qui permettrait d'éviter les besoins d'hospitalisation, » a indiqué M. Alwan.

L'OMS rappelle que dans les pays à revenu faible et moyen, plus des trois quarts des personnes qui ont besoin de soins de santé mentaux ne les reçoivent pas.

 

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