Cambodge : un juge du tribunal spécial démissionne

10 octobre 2011
A l'intérieur des Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens.

Un juge d'instruction étranger des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, le tribunal spécial créé par le gouvernement cambodgien et l'ONU pour juger les Khmers rouges, a présenté sa démission samedi considérant les déclarations de plusieurs membres du gouvernement sur deux affaires comme une ingérence dans le processus de judiciaire.

Lors d'une rencontre récente avec le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le Premier ministre cambodgien a assuré que les propos rapportés selon lesquels « ces affaires ne seraient pas autorisées » ne reflétaient pas la politique générale du gouvernement, a indiqué lundi dans un communiqué les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC).

Cependant, le 10 mai 2011, le Ministre cambodgien de l'information a déclaré « que s'ils veulent traiter les affaires 003 et 004, ils devront faire leurs bagages et partir ». Le juge d'instruction, Siegfried Blunk, de l'Allemagne, a initié une procédure de poursuite pour outrage au tribunal espérant constituer une alerte pour tous les membres du gouvernement.

Mais la semaine dernière, le Ministre cambodgien des affaires étrangères a déclaré « que le problème concernant l'arrestation de davantage de dirigeants khmers rouges est un problème cambodgien », ajoutant que « ce problème doit être décidé par le Cambodge ».

Le tribunal a estimé que « sa capacité à résister aux pressions des responsables du gouvernement et à assumer ses fonctions de façon indépendante pourrait être mise en cause, ce qui mettrait aussi en cause l'intégralité des procédures des dossiers 003 et 004 ».

A cause de ces ingérences, le juge d'instruction a décidé de remettre sa démission au Secrétaire général de l'ONU le 8 octobre dernier.

Le CETC a été établi en tant que tribunal national au Cambodge en 2006 pour juger les responsables du régime des Khmers rouges ainsi que ceux qui ont commis les crimes les plus graves sous ce régime.

Selon la presse, les affaires 003 et 004 mettent en cause cinq hauts cadres de l'ancien régime des Khmers rouges (1975-1979). Le dossier 003 concerne Meas Muth, commandant dans la marine sous le régime khmer rouge et Sou Met, commandant des forces aériennes. Le dossier 004 concerne trois responsables régionaux khmers rouges : Aom An, Yim Tith, et Im Chem, accusés d’avoir commis des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité.

 

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