La non-violence est l'arme la plus efficace contre l'oppression, selon l'ONU

30 septembre 2011

A l'occasion de la Journée internationale de la non-violence, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a salué la non-violence comme une force de changement, comme l'ont démontré récemment les peuples en Tunisie et en Egypte.

Les Tunisiens et les Egyptiens ont non seulement réussi à renverser des régimes autoritaires accrochés au pouvoir, mais aussi à montrer l'efficacité de l'action non-violente au reste du monde, selon le Secrétaire général.

« Les individus courageux qui adoptent l'action non-violente sont capables de vaincre leurs oppresseurs. Ces oppresseurs n'apprécieront pas leurs choix, et peuvent soit répondre par une répression féroce qui expose leur défaite morale ou négocier ce qui enclenche un processus de changement, » a expliqué Ban Ki-moon lors d'une cérémonie vendredi au siège de l'ONU.

Selon lui, la non-violence est déconcertante pour ceux qui y font face, et c'est pour cela que la méthode fonctionne.

« Il y a plus de deux millénaires, le roi Ashoka de l'Empire Mauryan en Inde a fondé une grande tradition. Après avoir été témoin des horreurs de la guerre, il a renoncé à la violence et dévoué sa vie à la cause de la paix. Le Mahatma Gandhi a perpétué cette grande tradition indienne quand il s'est servi de la non-violence pour mener le mouvement historique pour l'indépendance indienne, » a rappelé le Secrétaire général.

L'héritage de Gandhi a servi d'inspiration pour des gens du monde entier, y compris le révérend Martin Luther King Jr aux Etats-Unis dans les années 1960.

« Je me souviens d'avoir visité la ville d'Atlanta et d'avoir vu les ouvrages de Gandhi qui avaient appartenu au Dr. King. Dans sa jeunesse, il avait étudié ces ouvrages de façon intense, annoté les pages et utilisé leurs sagesse comme inspiration, » a poursuivi Ban Ki-moon.

La Charte des Nations Unies soutient sans ambigüité l'approche non-violente quand celle-ci est possible. L'article 33 demande de façon explicite de rechercher avant tout une solution pacifique à tout différend.

Quand il est strictement nécessaire, le Conseil de sécurité peut avoir recours à la coercition. « Nous avons vu cela récemment en Côte d'Ivoire et en Libye, où des opérations autorisées par les Nations Unies ont aidé à rétablir la stabilité. Le Conseil de sécurité autorise la recours à la force afin de protéger les civils de la violence, et seulement lorsque toutes les autres options se sont avérées impossibles », a dit le Secrétaire général.

« La diplomatie préventive est une des façons pour l'ONU d'honorer la non-violence. Nous nous engageons le plus tôt possible avant que les tensions ne dérapent en conflit. Nous formons des médiateurs. Nous renforçons nos partenariats stratégiques pour pouvoir réagir rapidement aux crises et nous soutenons les institutions nationales qui favorisent le dialogue, » a ajouté Ban Ki-moon.

« Engageons-nous dans le soutien de ces individus courageux qui mettent en jeu leurs vies dans la certitude que les protestations pacifiques entraînent une paix durable, » a conclu le Secrétaire général.

 

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