L'ONU exhorte les Afghans à renouer avec le dialogue, malgré les tensions

29 septembre 2011

Le Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), Staffan de Mistura, a déclaré jeudi qu'il fallait renouer le dialogue malgré le récent assassinat d'un ancien Président afghan.

Le Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), Staffan de Mistura, a déclaré jeudi qu'il fallait saisir l'opportunité d'entamer un dialogue pour la réconciliation, malgré le récent assassinat de l'ancien Président afghan Burhanuddin Rabbani, qui était l'un des plus grands partisans de l'effort pour rétablir la paix.

« Nous nous réunissons à un moment critique de l'histoire afghane, marquée par l'assassinat de cet homme exceptionnel », a déclaré M. de Mistura devant le Conseil de sécurité de l'ONU à New York. En attendant que l'enquête aboutisse, nous devons continuer d'œuvrer en faveur de la paix, « paix pour laquelle cet homme a sacrifié sa vie », a-t-il enjoint. Il s'est félicité de la tenue d'une conférence récente à Kandahar en vue de promouvoir la réconciliation, en particulier dans le sud du pays, où celle-ci a pris un retard considérable, comparé au nord.

Alors que l'examen du rapport du Secrétaire général se fait dans un contexte de transfert progressif des pouvoirs aux autorités afghanes, le Chef de la MANUA a estimé que les forces armées et de sécurité afghanes avaient démontré au cours des mois écoulés qu'elles étaient en mesure d'assumer d'autres responsabilités que celles qui leur ont été confiées jusqu'à présent.

« Il est de notre responsabilité de veiller à ce que les prochaines conférences internationales sur l'Afghanistan portent leurs fruits », a souligné le Représentant spécial, qui a expliqué que les enjeux étaient élevés. Seule la confiance entre pays voisins sera de nature à créer un environnement propice à la paix, a-t-il souligné.

Dans son plus récent rapport sur la situation en Afghanistan, publié cette semaine, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, se dit « modérément optimiste » au sujet des signes d'un dialogue émergent en tant que condition préalable du développement d'un processus de paix et de réconciliation à large assise.

Ban Ki-moon a noté qu'il y a eu au cours des derniers mois « une très forte instabilité politique et des niveaux déconcertants d'insécurité pour la population afghane dans le contexte du processus de transition, avec un transfert des pouvoirs aux autorités afghanes et des responsabilités en matière de sécurité ».

Dans le rapport, le Secrétaire général se dit profondément préoccupé par le nombre croissant de victimes civiles et par les conditions difficiles pour les civils nationaux et internationaux, y compris les personnels des Nations Unies et de la MANUA.

M. de Mistura a indiqué qu'il partageait les inquiétudes quant aux pertes civiles qui sont toujours trop nombreuses, selon lui. Il a encouragé les autorités afghanes à placer le respect des droits de l'homme et la protection des civils au cœur de leurs priorités de bonne gouvernance.

Selon le rapport du Secrétaire général, à la fin du mois d'août, la moyenne mensuelle d'incidents pour 2011 est de 2.108, soit une augmentation de 39% comparé à la même période en 2010. La plupart des incidents sont des confrontations armées et dues à des engins explosifs artisanaux et les groupes d'insurgés poursuivent leurs campagnes d'intimidation, notamment avec des assassinats ciblés de représentants haut placés des forces de sécurité, d'hommes politiques ou de chefs religieux.

 

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