Climat : la FAO lance un projet de capture du carbone des pâturages dégradés

28 septembre 2011

L'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a annoncé mercredi qu'elle allait mettre en œuvre un projet d'aide aux éleveurs afin d'augmenter les revenus de ceux qui piègent le carbone de leur pâturage.

« Nous pensons avoir résolu le problème et trouvé un moyen fiable pour les éleveurs qui investissent dans la restauration des pâturages de prouver qu'ils piègent des quantités mesurables de carbone et de financer leurs activités en accédant au financement de l'atténuation », a déclaré un spécialiste de politiques d'élevage à la FAO, Pierre Gerber, qui travaille au projet.

L'énorme potentiel que détiennent les pâturages pour non seulement permettre d'augmenter les revenus des éleveurs tout en protégeant l'environnement pourra bientôt être exploité grâce à une nouvelle méthodologie mise au point par la FAO en collaboration avec l'Académie chinoise de sciences agronomiques et l'Académie chinoise des sciences et le Centre mondial de l'agroforesterie.

De vastes étendues de pâturages de la planète sont modérément ou gravement dégradées et leur remise en état pourrait éliminer des gigatonnes de carbone de l'atmosphère et améliorer la résilience au changement climatique. Jusqu'à présent, les mécanismes de crédit carbone qui financent les projets réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES) et fixant le carbone n'ont, en général, pas tenu compte de l'agriculture.

Un défi majeur a consisté à trouver des moyens fiables et abordables de mesurer combien de carbone est piégé dans les projets agricoles. La nouvelle méthodologie de gestion durable des pâturages (Methodology for Sustainable Grassland Management) pourrait contribuer à surmonter cet obstacle.

L'aspect innovant de la méthodologie de la FAO est qu'elle offre un moyen rentable d'estimer de manière fiable la quantité d'émissions de GES éliminées de l'atmosphère grâce à une meilleure gestion des pâturages.

« Notre approche permet non seulement de mesurer directement le piégeage du carbone par l'échantillonnage du sol mais aussi par modélisation par ordinateur sur la base des types de sols et des activités entreprises », a expliqué une économiste de la FAO participant au projet, Leslie Lipper.

« Etre en mesure de démontrer le suivi fiable est essentiel pour les projets qui souhaitent participer aux marchés du carbone, et la modélisation réduit les coûts de suivi, permettant aux petits gardiens de troupeaux et aux éleveurs d'y prendre part », a-t-elle ajouté.

La méthodologie est en train d'être appliquée à un projet pilote dans la province de Qinghai en Chine, qui émettra des crédits carbone significatifs pendant une période de 10 ans. Les pâturages restaurés auront stocké d'ici là le plus de carbone possible, et les revenus tirés des échanges de carbone diminueront. Mais les terres auront récupéré leur pleine productivité et les systèmes d'élevage seront passés à un modèle durable capable de soutenir les moyens d'existence de générations d'éleveurs.

« Le projet en Chine n'est qu'un exemple de ce que peut accomplir cette méthodologie. Il peut être reproduit tel quel ailleurs, et mis à l'échelle pour obtenir des résultats similaires sur la plupart des pâturages dégradés », a souligné M. Gerber.

La FAO vient de soumettre sa méthodologie pour approbation auprès de l'organisation à but non lucratif "Verified Carbon Standard" (VSC), un programme de comptabilisation des gaz à effet de serre utilisé par les projets du monde entier pour vérifier et émettre des crédits carbone sur les marchés d'émissions. Une fois approuvé, tout projet utilisant la méthodologie aura le droit de créer et d'échanger des crédits carbone sur les marchés volontaires du carbone dans le monde entier.

 

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