Kenya : un expert de l'ONU réclame des solutions durables pour les déplacés

27 septembre 2011

Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme des personnes déplacées internes, Chaloka Beyani, a exhorté mardi les autorités kenyanes à adopter une stratégie complète en quatre volets concernant les défis auxquels font face les personnes déplacées internes.

Le Kenya a connu plusieurs vagues de déplacement de personnes à l'intérieur de ses frontières, suite entre autres à des violences politiques.

« Il y a un besoin humanitaire pressant d'améliorer le respect des droits de l'homme et les conditions de vie des personnes déplacées internes au Kenya, y compris celles qui ont dû quitter leurs foyers suite à la violence postélectorale de 2007-2008, celles qui ont fui des catastrophes naturelles ou encore celles qui ont été expulsées en raison de projets environnementaux, comme les personnes de la forêt Mau », a souligné l'expert indépendant nommé par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

A la fin de sa mission de neuf jours au Kenya, M. Beyani a estimé que « toute stratégie doit inclure l'adoption d'une politique et d'un cadre législatif cohérents avec les standards internationaux et régionaux, le renforcement des capacités techniques comme l'enregistrement, l'assistance et les programmes de protection, des mesures de prévention des causes du déplacement et l'identification de solutions durables. »

Le Rapporteur spécial a félicité les mesures importantes qui ont été prises par le gouvernement kenyan, dont la réinstallation de certains déplacés affectés par la violence postélectorale qui a causé le déplacement d'environ 600.000 personnes.

M. Beyani a appelé les autorités kenyanes à adopter le projet sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées internes, à mettre en œuvre la législation, et à ratifier la convention de Kampala (la convention de l'Union africaine sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées) au plus vite.

« Au cours de cette visite, j'ai pu constater que l'absence d'un système efficace et précis d'enregistrement et de collection de données constitue un problème majeur qui affecte directement l'assistance, la protection et les solutions durables pour les personnes déplacées, » a déclaré M. Beyani.

Il a exhorté les autorités à travailler avec la communauté internationale et la société civile pour collecter des informations plus fiables, avec une attention particulière portée aux groupes vulnérables, y compris les enfants qui ont été obligés de vivre dans la rue à cause de leur déplacement interne.

L'expert indépendant des Nations Unies a rappelé que le choix de solutions durables doit être un choix « informé, volontaire et sûr et devrait inclure une assistance pour que chacun ait une chance de reconstruire sa vie ».

Son rapport complet sera présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le mois prochain.

 

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