Droits de l'homme : l'ONU appelle à la retenue les pays en phase de transition

12 septembre 2011

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé lundi les autorités des pays d'Afrique du nord et du Moyen Orient qui traversent actuellement une phase de transition politique à faire preuve de retenue et à prendre les mesures nécessaires pour éviter les actes de vengeance et les exactions.

Dans son discours d'ouverture de la 18ème session ordinaire du Conseil des droits de l'homme lundi à Genève, Mme Pillay a mis l'accent sur la fragilité des transitions, surtout dans les pays où l'ancien régime a été chassé mais où la « vieille garde » n'a pas encore été remplacée.

« Dans les situations de transition ou de troubles, il faut faire preuve de retenue. J'exhorte tous ceux qui sont à des positions de responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaire pour éviter la violence et les actes de vengeance et j'appelle chacun à s'abstenir de toutes actions punitives. La justice ne peut pas être faite de manière sommaire, mais doit nécessairement se faire dans le respect de la loi et des principes de droits de l'homme », a déclaré Mme Pillay.

Dans son discours, elle a fait référence aux pays qui sont actuellement en transition politique ou bien dans un contexte de troubles tels que la Syrie, le Yémen ou la Libye. Les troubles dans ces pays s'inscrivent dans un mouvement démocratique qui balaye la région de l'Afrique du Nord et du Moyen Orient depuis le début de l'année et qui a déjà vu le renversement des régimes en Tunisie et en Egypte.

Selon Mme Pillay, la situation en Libye avec les combats qui opposent des forces fidèles au colonel Kadhafi et les forces d'opposition est alarmante d'autant plus que les informations qui continuent de sortir de la Libye font état d'exécutions sommaires, de disparitions forcées à grande échelle et autres violations brutales des droits de l'homme. Mme Pillay a également exprimé son inquiétude pour le sort des migrants en Libye, et particulièrement de ceux originaires d'Afrique subsaharienne.

Le Conseil de sécurité considère actuellement le déploiement d'une mission en Libye et Mme Pillay a plaidé pour que la protection des civils soit au centre de la réponse de l'ONU dans le futur immédiat.

« Au Yémen, des manifestants appelant à davantage de liberté, la fin de la corruption et le respect de la primauté de la loi ont été pris pour cibles dans une lutte de plus en plus acharnée pour le pouvoir. Des centaines de personnes ont été tuées et des milliers blessées, » a rappelé Mme Pillay.

La mission d'évaluation du Haut commissariat aux droits de l'homme dans ce pays a constaté que ceux qui cherchent à rester au pouvoir ont délibérément ciblé la population civile, notamment en coupant l'accès aux services de base comme l'électricité, le carburant et l'eau.

En Syrie, des sources crédibles font état d'au moins 2.600 morts depuis le début des troubles en mars.

Mme Pillay a insisté sur le fait que la protection immédiate et à long terme des civils dans les situations de violence devait constituer l'axe central des efforts collectifs de la communauté internationale.

A l'ouverture de la 18ème session ordinaire du Conseil des droits de l'homme, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés Radhika Coomaraswamy, a pour sa part exprimé son inquiétude quant au traitement des enfants dans les conflits armés, et en particulier leur placement en détention.

« De plus en plus fréquemment, les Etats arrêtent et placent en détention des enfants liés à des groupes armés, soit parce qu'ils sont considérés comme des menaces à la sécurité ou pour avoir pris part aux combats. Lorsqu'un enfant est privé de sa liberté, il est particulièrement vulnérable aux abus des droits de l'homme », a déclaré Mme Coomaraswamy.

Selon un nouveau rapport du bureau de Mme Coomaraswamy, intitulé « Les enfants et la justice après les conflits armés », les enfants sont souvent jugés par des tribunaux civils ou militaires sans représentation légale ou soutien et ils ne comprennent souvent pas les accusations qui pèsent contre eux.

« Etant donné la nature forcée de l'engagement des enfants dans les groupes armés et en considérant leur âge, les enfants devraient être traités principalement comme des victimes, pas comme des auteurs de crimes », a souligné Mme Coomaraswamy.

 

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