Cambodge : examen de l'état de santé de deux accusés Khmers rouges

29 août 2011

Les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, le tribunal spécial créé par le gouvernement cambodgien et l'ONU, ont commencé lundi une audience pour déterminer si l'état de santé de deux accusés Khmers rouges, Nuon Chea et Ieng Thirith, permet que le procès à leur encontre ait lieu.

Les deux accusés sont parmi les quatre responsables du régime des Khmers rouges accusés de génocide et de crimes contre l'humanité. Le régime des Khmers rouges qui était au pouvoir au Cambodge de 1975 à 1979 aurait causé la mort d'au moins 1,7 million de personnes par la torture, la famine ou des exécutions.

L'audience de lundi était la première d'une série de trois pour examiner les évaluations d'un expert sur l'état de santé des accusés. Dr. Campbell, qui a été nommé pour examiner trois des accusés, a rendu son rapport final au tribunal, dans lequel il recommande d'effectuer davantage d'évaluation d'Ieng Thirith (79 ans), mais pas des co-accusés Ieng Sary (85 ans) ou Nuon Chea (84 ans).

Le professeur Campbell, qui a plus de 30 ans d'expérience dans le domaine de la santé des personnes âgées, a consulté les médecins traitants des accusés ainsi que leurs historiques médicaux. Dans son rapport, le Docteur a trouvé qu'Ieng Thirith souffre d'une déficience cognitive qui l'empêche de suivre le procès, ce qui compromet son droit à un procès équitable. Il a également dit que Nuon Chea est incapable de rester assis pendant de longues périodes, mais qu'il ne souffre ni de problèmes cognitifs ni de mémoire et peut donc être jugé.

Le tribunal continuera l'audience dans les jours à venir. Lundi plus de 800 personnes sont venues pour assister à l'audience, dont de nombreux lycéens et étudiants. Les 482 places à l'intérieur du tribunal étaient prises, et des centaines d'autres ont suivi l'audience retransmise sur écrans à l'extérieur du tribunal.

« Nous sommes contents de voir que le procès suscite un intérêt énorme au sein du public, » a déclaré le porte-parole du tribunal, Lars Olsen. Les procédures ont aussi été retransmises en direct sur la plus grande chaîne de télévision cambodgienne.

Le procès de ces quatre anciens hauts dirigeants du régime des Khmers rouges a débuté fin juin. Ils avaient été arrêtés en 2007 et inculpés par le tribunal l'année dernière.

Nuon Chea, appelé "Frère numéro deux" sous les Khmers rouges, est accusé d'avoir été le principal architecte de la politique du Parti communiste du Kampuchéa, d'avoir contrôlé l'appareil de sécurité intérieure du pays et d'avoir fourni un soutien à la politique du régime de réinstallation forcée et d'asservissement.

Ieng Sary a été ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre sous les Khmers rouges. Il a fui vers la Thaïlande quand le régime est tombé en 1979. Son épouse, Ieng Thirith, a été ministre des Affaires sociales. Khieu Samphan, 79 ans, a servi en tant que chef d'Etat du Kampuchéa démocratique. Il a succédé à Pol Pot, quand celui-ci a pris sa retraite en 1987.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Cambodge : ouverture du procès de quatre anciens dirigeants Khmers Rouges

Le procès de quatre anciens hauts dirigeants du régime des Khmers rouges a débuté lundi au Cambodge au tribunal soutenu par les Nations Unies et chargé de juger les crimes commis sous le régime khmer rouge il y a plus de trente ans.