Attentat contre l'ONU au Nigéria, la Vice Secrétaire générale envoyée sur place

26 août 2011

Un attentat meurtrier a visé le bâtiment de l'ONU à Abuja, au Nigéria, un acte condamné par le Conseil de sécurité et le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Un attentat meurtrier a visé vendredi le bâtiment des Nations Unies à Abuja, la capitale du Nigéria, un acte vivement condamné par le Conseil de sécurité et le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a décidé d'envoyer sur place la Vice Secrétaire générale de l'ONU, Asha-Rose Migiro.

« Aux alentours de 11h00 heures locales ce matin, la maison de l'ONU dans la capitale nigériane Abuja a été frappée par un attentat à la voiture piégée. Ce bâtiment abrite 26 agences humanitaires et de développement de la famille des Nations Unies. C'est une attaque contre ceux qui dédient leur vie à aider les autres. Nous condamnons absolument cet acte horrible », a dit Ban Ki-moon dans une déclaration faite à la presse vendredi matin au siège des Nations Unies à New York.

Le nombre de victimes de cet attentat n'est pas encore connu mais il « devrait être considérable », a précisé le Secrétaire général. « Un certain nombre de personnes sont mortes, beaucoup d'autres sont blessées. »

Ban Ki-moon a annoncé qu'il avait demandé à la Vice Secrétaire générale de l'ONU, Asha-Rose Migiro, « de se rendre immédiatement au Nigéria ». Elle sera accompagnée par le chef de la sécurité de l'ONU, le Secrétaire général adjoint Gregory Starr. Ils doivent rencontrer les autorités nigérianes à leur arrivée à Abuja.

Le Secrétaire général de l'ONU a indiqué également qu'il allait parler au téléphone avec le Président du Nigéria, Goodluck Jonathan.

« En ce moment très triste, je présente mes plus sincères sympathies aux victimes et à leurs familles. Les Nations Unies feront tous leurs efforts pour les assister durant ce moment difficile », a déclaré Ban Ki-moon, qui avait rencontré les employés de l'ONU à Abuja lors d'une visite il y a deux mois.

Pour sa part, le Conseil de sécurité de l'ONU a observé vendredi matin une minute de silence avant sa séance consacrée aux opérations de maintien de la paix.

Dans une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité a condamné "dans les termes les plus forts" l'attentat et a présenté ses condoléances aux victimes et à leurs familles, au gouvernement du Nigéria, au Secrétaire général de l'ONU et aux autres employés des Nations Unies.

"Les membres du Conseil ont réaffirmé que le terrorisme dans toutes ses formes et manifestations est criminel et injustifiable", souligne la déclaration.

Au début de la séance du Conseil, Ban Ki-moon a martelé que "ces actes de terrorisme sont inacceptables". "Ils ne nous dissuaderont pas de notre travail crucial pour la population du Nigéria et le monde. Cet attentat atroce et choquant est la preuve que les locaux de l'ONU sont de plus en plus considérés comme des cibles 'faciles' par les éléments extrémistes à travers le monde", a-t-il ajouté.

Selon la presse, au moins 18 personnes auraient été tuées dans cet attentat et 60 autres blessées. Un groupe islamiste nigérian, Boko Haram, a déclaré être l'auteur de l'attentat.

Un porte-parole de l’ONU, Fahran Haq, a indiqué à des journalistes que le site de l’ONU n’avait pas été visé par des menaces avant cet attentat. Environ 400 personnes y travaillaient.

Le bâtiment était entouré de barrières pour le protéger contre une attaque. « Le bâtiment était considéré comme bien défendu et nous allons devoir enquêter pour savoir comment les assaillants ont réussi à passer les différents niveaux de protection », a-t-il dit.

Les chefs de plusieurs agences des Nations Unies ont déploré l’attentat, dont l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark, et le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Anthony Lake, qui ont exprimé leur tristesse au sujet de la mort d’employés de l’ONU et de civils nigérians.

L’Association du personnel de l’ONU a appelé pour sa part les autorités nigérianes à faire tout leur possible pour arrêter les personnes responsables de cet attentat. « Ce drame nous rappelle encore de manière tragique les risques innombrables pris chaque jour par le personnel des Nations Unies à travers le monde », a-t-elle dit dans une déclaration.

Les drapeaux de l’ONU seront abaissés pendant trois jours à partir de samedi en signe de deuil.

 

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