La situation des droits de l'homme reste fragile en Iraq, selon l'ONU

La situation des droits de l'homme reste fragile en Iraq, selon l'ONU

Des enfants iraquiens.
La violence armée et les violations « silencieuses » des droits de l'homme affectent toujours de larges pans de la population en Iraq, selon un rapport de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI) et du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) rendu public lundi.

Le rapport fait le point sur l'impact des affrontements armés et de la violence sur les populations civiles, la détention et les règles de droits, et la protection des droits de groupes spécifiques. Il couvre aussi la situation des droits politiques dans le pays, dont la liberté de rassemblement et d'expression.

« La pauvreté, la stagnation économique, le manque d'opportunités, la dégradation environnementale et l'absence de services de base constituent des violations 'silencieuses' des droits de l'homme et affectent des grandes parties de la population. La violence armée a un impact néfaste sur les infrastructures civiles », note le rapport.

Selon les estimations de la MANUI et du gouvernement iraquien, au moins 3.000 personnes auraient été tuées en 2010 par des insurgés armés ou des groupes terroristes. Les minorités, les femmes et les enfants restent les premières victimes de cette violence. Des problèmes sérieux demeurent dans l'application et l'administration de la loi, en particulier s'agissant du respect du droit à une procédure régulière et à un procès équitable.

« L'impunité reste un sérieux défi en Iraq. Les auteurs de crimes commis pendant de nombreuses années restent impunis. Un nombre de charniers contenants les cadavres de victimes de crimes s'étalant sur plusieurs années ont été découverts en 2010 », note le rapport.

Même si des améliorations ont été obtenues dans les conditions de détention dans les prisons, les cas d'abus et de torture restent fréquents. L'usage de confessions dans les condamnations encourage cette tendance. Le rapport note également que les droits des femmes ont reculé à certains égards en 2010 ainsi que ceux des enfants.

« Les enfants continuent de souffrir de la violence et des affrontements armés. Dans certains cas des enfants ont été recrutés ou forcés de commettre des actes de violence. Les minorités ont été victimes d'un grand nombre d'attaques », selon le rapport qui fait des recommandations pour améliorer la situation difficile du pays.

Le rapport a été réalisé avec l'aide de données recueillies directement par la MANUI ou obtenues d'autres sources, y compris le gouvernement, la société civile ou encore des organisations non-gouvernementales.