Des experts de l'ONU exhortent la Syrie à cesser la répression contre les civils

5 août 2011

Un Groupe d'experts de l'ONU a tiré la sonnette d'alarme vendredi sur l'ampleur et la gravité de la répression violente en République arabe syrienne qui se poursuit sans relâche, et ont réitéré leur appel à une cessation immédiate des stratégies violentes adoptées par le gouvernement pour réprimer les manifestations en cours.

« Nous continuons à recevoir des informations sur l'utilisation systématique et excessive de la force entraînant des morts et des blessés, les allégations de torture, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires et la détention de manifestants, la prise pour cible de défenseurs des droits de l'homme et la limitation injustifiée des libertés de réunion pacifique et d'expression », ont déclaré vendredi les experts indépendants de l'ONU.

Le Groupe d'experts auteur de cet appel est composé du Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, du Rapporteur spécial sur la torture et traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan Méndez, du Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression , Frank La Rue, du Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Margaret Sekaggya, du président-rapporteur du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, Jeremy Sarkin, du président-rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire, El Hadji Malick Sow, et du Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, Maina Kiai.

« L'utilisation aveugle de l'artillerie lourde contre les manifestants est injustifiable; aucun Etat n'est autorisé à utiliser sa force militaire contre une population civile désarmée », a déclaré Christof Heyns. « Les tueries qui en résultent sont clairement des exécutions arbitraires et punissables en vertu du droit international ».

Pour le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Méndez, « la Syrie ignore, et continue à ignorer toutes les normes internationales contre la torture et les mauvais traitements ». « Ses dirigeants doivent cesser immédiatement de tels actes et comprendre qu'ils seront tenus pour responsables de leurs actions », a-t-il ajouté.

« Aucune circonstance exceptionnelle ne peut être invoquée pour justifier des disparitions forcées », a pour sa part déclaré Jeremy Sarkin. Exprimant sa préoccupation au sujet d'informations sur des personnes victimes de disparition forcée, il a souligné « qu'aucun État ne doit commettre, autoriser ou tolérer des disparitions forcées ».

Frank La Rue s'est dit « profondément préoccupé par les tentatives répétées du gouvernement d'empêcher le monde de connaître l'étendue des atrocités qui se déroule sur son sol en refusant l'accès aux journalistes étrangers, en violation du droit de tous les individus de chercher, à recevoir et à diffuser des informations ».

Enfin, les experts ont appelé « sans équivoque le gouvernement de la Syrie à cesser immédiatement la répression violente, arrêter les tueries et poursuivre le dialogue à travers des processus pacifiques ».

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