Aidés par la FAO, les agriculteurs togolais rentabilisent l'aide européenne

3 août 2011

La rentabilité des fonds investis par l'Union européenne dans la remise en état du secteur agricole au Togo a été doublée, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui a aidé les agriculteurs togolais à affronter la flambée des prix alimentaires et les aléas climatiques.

Les populations rurales ont été les premières victimes des inondations et des fortes hausses des prix alimentaires qui ont frappé le pays en 2007 et 2008. Ces chocs n'ont fait qu'exacerber la malnutrition dans les zones rurales, déjà élevée à cause de la pression démographique et de l'effondrement du coton, une des principales cultures de rente. En 2006, près de 50% de la population était sous-alimentée, selon les chiffres émanant du Programme alimentaire mondial (PAM).

En 2009, dans le cadre de sa Facilité alimentaire - le mécanisme d'intervention mondiale institué face à la crise des prix alimentaires de 2007-2008 - l'Union européenne a alloué 2,5 millions d'euros à la FAO pour aider plus de 20.000 agriculteurs togolais à redémarrer la production.

Deux ans plus tard, on assiste à une inversion de tendance radicale, annonce Evariste Douti, Directeur de l'agriculture, de l'élevage et des pêches de la région des Savanes, au nord du Togo, qui a été particulièrement touchée. "Les habitants ont produit suffisamment pour pourvoir à leurs besoins", affirme-t-il.

Quelque 15.000 agriculteurs ont reçu des semences et des engrais pour cultiver des denrées de base comme le maïs, le riz et le sorgho, tandis que 5.500 autres ont bénéficié d'intrants pour les cultures maraîchères.

La FAO estime la valeur totale de leur production - 9.634 tonnes de maïs, 675 tonnes de riz, 85 tonnes de sorgho, 3.522 tonnes de tomates, 350 tonnes d'oignons et 85 tonnes de piments verts - à 4,7 millions d'euros, soit près du double du montant investi par l'UE.

"Notre objectif premier, qui était d'améliorer le niveau nutritionnel et accroître les revenus des agriculteurs vulnérables, a été atteint", conclut, avec une pointe d'euphémisme, Alfred Andriantianasolo, le coordonnateur de la FAO pour les urgences au Togo.

Par ailleurs, les activités de la FAO financées par l'UE ont également apporté un soutien structurel à l'agriculture du pays, en particulier à son secteur semencier et au système d'information sur le marché.

La plus grande ferme semencière du Togo, qui a un potentiel de production de semences de qualité pour tout le pays, a été remise en état et équipée. Son personnel, ainsi que ses près de 300 producteurs, ont reçu une formation en production et certification des semences de qualité.

En outre, un système d'information couvrant chacune des cinq provinces du Togo, ainsi que la capitale, a été mis en place, permettant aux acheteurs et aux vendeurs de mieux suivre les prix des produits agricoles.

"Nous avons donné une bouffée d'oxygène aux agriculteurs", explique Marc Casterán, chargé du développement rural auprès de la Délégation de l'UE au Togo. Il perçoit la Facilité alimentaire de l'Union comme un mécanisme d'impulsion servant à aider le pays à atteindre une sécurité alimentaire à long terme.

"Le soutien structurel est essentiel car il contribuera à soutenir le travail effectué", ajoute-t-il.

 

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