Syrie : Navi Pillay prévient les autorités que le monde est témoin du carnage

Des manifestants à Damas, en Syrie, le 8 avril.
Des manifestants à Damas, en Syrie, le 8 avril.

Syrie : Navi Pillay prévient les autorités que le monde est témoin du carnage

La Haut Commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a prévenu les autorités syriennes que le monde était témoin de la violence commise contre le peuple syrien et les a exhortées à mettre un terme au bain de sang.

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a mis en garde mardi les autorités syriennes que le monde était témoin de la violence commise contre le peuple syrien et les a exhortées à mettre un terme immédiat au bain de sang.

« Le gouvernement syrien tente de cacher la situation alarmante dans le pays en refusant de donner accès aux journalistes étrangers, aux groupes indépendants de droits humains et à la mission d'enquête mandatée par le Conseil des droits de l'homme », a déclaré Mme Pillay. « Mais il n'y arrive pas ».

Les informations faisant état d'au moins 145 personnes tuées et d'innombrables blessés depuis vendredi sont très inquiétantes, selon Mme Pillay. Au moins 120 personnes auraient été tuées par l'usage de chars, d'artillerie et de mitraillettes lourdes dans la ville de Hama. Plusieurs personnes auraient également été tuées à Deir Ezzor, dans des banlieues de Damas et dans d'autres localités de Syrie. Le décompte exact des morts risque d'être considérablement plus élevé.

« Le monde regarde et la communauté internationale est très inquiète. Je suis solidaire des manifestants pacifiques qui demandent que les violations systématiques des droits humains cessent tout de suite. Je suis également solidaire avec les familles de victimes qui ont perdu la vie depuis le début de la répression et je condamne de la façon la plus forte la violence que ce gouvernement exerce sur son propre peuple », a ajouté la Haut commissaire Pillay.

Elle a demandé l'arrêt immédiat de la violence et que les organisations humanitaires obtiennent accès au pays sans attendre.

« Le gouvernement a la responsabilité de protéger ses citoyens. L'usage de la force pour rétablir l'ordre doit être l'option de dernier recours. Il semble que cela soit la première réponse aux manifestations en Syrie. Je réitère mon appel au gouvernement syrien de donner accès à la mission d'enquête afin que la situation soit clairement évaluée », a-t-elle ajouté.

Selon les informations reçus par le Haut commissariat aux droits de l'homme (HCDH), des dizaines de détentions arbitraires auraient eu lieu dans le pays en plus des personnes tuées et blessées. Les libertés d'expression et de rassemblement ont été violemment réprimées.

« Il est temps pour nous de nous efforcer d'obtenir que ceux qui violent les droits humains depuis des mois en Syrie rendent des comptes. Une enquête internationale transparente, indépendante et diligente est nécessaire pour faire la lumière sur la violence, les tueries, l'usage excessif de la force, les arrestations arbitraires, les abus et la torture auquel le peuple syrien a été soumis », a conclu la Haut commissaire.

De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a eu des consultations lundi pour discuter de la situation en Syrie.