L'Erythrée a planifié un attentat contre un sommet de l'Union africaine -ONU

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L'Erythrée a planifié un attentat contre un sommet de l'Union africaine -ONU

Selon un nouveau rapport du Groupe de contrôle sur la Somalie et l'Erythrée de l'ONU, le gouvernement érythréen a conçu, préparé, organisé et dirigé une tentative de sabotage du Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba.

Selon un nouveau rapport du Groupe de contrôle sur la Somalie et l'Erythrée de l'ONU, le gouvernement érythréen a conçu, préparé, organisé et dirigé une tentative de sabotage du Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba.

« Le gouvernement érythréen a conçu, préparé, organisé et dirigé une tentative de sabotage du Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba au moyen d'attentats à la bombe contre un certain nombre d'objectifs civils et gouvernementaux – sans toutefois réussir », ont conclu les experts du Groupe dans leur rapport publié jeudi.

« Bien que de nombreux Érythréens aient des griefs profonds et sans doute légitimes contre l'Éthiopie en raison de la non-application de la décision concernant la délimitation des frontières qui a officiellement mis fin à la guerre de 1998-2000 entre les deux pays, les moyens par lesquels les dirigeants d'Asmara entendent apparemment poursuivre leurs objectifs dépassent maintenant la norme pour ce qui est de la proportionnalité et de la raison », poursuit le rapport.

Le Groupe estime que du fait que « les services de renseignement érythréens responsables des tentatives d'attentats contre le Sommet de l'Union africaine opèrent aussi au Kenya, en Somalie, au Soudan et en Ouganda, il est nécessaire de réévaluer le niveau de la menace qu'ils font peser sur ces pays ».

Selon le Groupe, l'Érythrée continue « de jouer un rôle sur l'échiquier somalien, certes peu important mais néanmoins préoccupant ». La poursuite des relations d'Asmara avec les groupes Al-Chabab, qui dirige des régions entières de la Somalie, semble « avoir pour objectif de légitimer et d'encourager le mouvement plutôt que de freiner son orientation extrémiste ou de l'amener à participer à un processus politique ».

L'implication de l'Érythrée en Somalie s'inscrit dans un champ d'action plus large des services de renseignement et des unités d'opérations spéciales, notamment « par l'entraînement, le financement et le soutien logistique des groupes d'opposition armés à Djibouti, en Éthiopie et au Soudan, voire en Ouganda, en violation de la résolution 1907 (2009) du Conseil de sécurité », indiquent les experts dans leur rapport.

« Ces pratiques illicites, auxquelles s'ajoutent des contributions financières directes provenant de partisans du parti au pouvoir et de certains États étrangers, et une « taxe de la diaspora » imposée aux Érythréens et aux ressortissants étrangers d'origine érythréenne vivant à l'extérieur du pays, expliquent aussi comment un pays aussi pauvre que l'Érythrée peut continuer à appuyer dans toute la région un grand nombre de groupes d'opposition armés », expliquent les experts.