Syrie : l'ONU inquiète des allégations de crimes contre l'humanité

Le Conseil de sécurité. Photo ONU/Paulo Filgueiras
Le Conseil de sécurité. Photo ONU/Paulo Filgueiras

Syrie : l'ONU inquiète des allégations de crimes contre l'humanité

Les Conseillers spéciaux du Secrétaire général pour la prévention du génocide, Francis Deng, et pour la responsabilité de protéger, Edward Luck, ont tiré la sonnette d'alarme vendredi s'inquiétant d'informations faisant état de violations généralisées et systématiques des droits par les forces de sécurité syriennes en réaction aux manifestations contre le Gouvernement dans tout le pays.

D'après ces rapports, les forces de sécurité continuent de prendre pour cible la population civile dans les régions où se déroulent ces manifestations, de tuer des manifestants et d'arrêter de façon arbitraire des résidents, fréquemment à leur domicile. De nombreuses informations font état de disparitions ainsi que de tortures des prisonniers. Ces agressions contre les civils s'accompagneraient systématiquement de graves violations du droit international des droits de l'homme, ont indiqué vendredi les experts dans un communiqué.

Les Conseillers spéciaux estiment que l'ampleur et la gravité des violations donnent à penser qu'il est très probable que des crimes contre l'humanité ont été commis et continuent d'être commis en Syrie. Ils insistent sur la nécessité d'une « enquête indépendante, approfondie et objective des événements et demandent au Gouvernement syrien » et « de permettre aux organismes humanitaires de se rendre dans les zones concernées et de faciliter la visite de la mission d'établissement des faits mandatée par le Conseil des droits de l'homme ».

Dans le cas contraire, il sera très difficile de désamorcer les tensions et d'empêcher l'escalade de la violence, ont prévenu les experts.

« Il est rappelé au Gouvernement syrien qu'il a la responsabilité d'assurer la protection de sa population, comme s'y sont engagés tous les chefs d'État et de gouvernement dans le document adopté à l'occasion du Sommet de 2005, dans lequel ils ont convenus de prévenir le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanité ainsi que l'incitation à ces crimes », ont souligné les Conseillers spéciaux.

« À cette fin, le gouvernement syrien devrait travailler avec la société civile pour encourager la compréhension et la confiance entre les communautés, tout en prenant soin de veiller à ce que son action ne risque pas d'exacerber d'éventuelles différences », ont recommandé les experts.