L'ONU appelle au cessez-le-feu au Sud-Kordofan et à régler le statut d'Abyei

Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les affrontements dans le Kordofan méridional.
Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les affrontements dans le Kordofan méridional.

L'ONU appelle au cessez-le-feu au Sud-Kordofan et à régler le statut d'Abyei

Alors que le Soudan du Sud a proclamé son indépendance le 9 juillet, le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Le Roy, a appelé mercredi les parties en conflit à cesser le feu dans la province du Sud-Kordofan, située au Soudan, et à déterminer le statut de la zone d'Abyei, région située à la limite entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Lors d'une séance du Conseil de sécurité, M. Le Roy a réitéré le soutien de l'ONU à la toute nouvelle République du Soudan du Sud. « Le nouvel Etat devra dans les premiers temps faire face à d'immense défis, y compris en matière politique et de sécurité interne et dans ses relations avec le Nord. Comme mandaté par le Conseil dans la résolution 1996, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) travaillera en étroite collaboration avec le gouvernement pour relever ces défis, en soutenant la consolidation de la paix et en offrant bons offices et appui au gouvernement sur la transition politique, la gouvernance et l'établissement de l'autorité de l'Etat », a-t-il dit.

La République du Soudan du Sud a déclaré officiellement son indépendance le 9 juillet à la suite des résultats d'un référendum d'autodétermination qui s'était déroulé au début de l'année.

« Je reste profondément inquiet sur la situation au Sud-Kordofan où des informations sur des combats indiquent que la vie des civils continue d'être en danger. Le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l'Union africaine et la Mission de maintien de la paix ont exhorté les parties à s'accorder et à mettre en œuvre une immédiate cessation des hostilités », a ajouté Alain Le Roy.

Pour le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, il est désormais crucial « de trouver un accord pour cesser les hostilités et de progresser vers un dialogue politique pour répondre aux besoins et aux différends des populations des deux Etats ».

Des affrontements violents entre les Forces armées soudanaises et l'Armée de libération du peuple soudanais (ALPS) ont récemment éclaté dans l'Etat du Sud-Kordofan et provoqué la fuite de plus de 50.000 personnes dans la région.

« Il est également important que les parties travaillent pour résoudre les processus inachevés de l'Accord de paix global et les problèmes liés à la période post indépendance y compris le statut final d'Abyei, les consultations populaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, le partage des revenus du pétrole, les arrangements financiers transitionnels, la sécurité et la ligne de démarcation de la frontière », a énuméré le chef des opérations de maintien de la paix.

Suite à la résolution 1990 sur la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), « tous les efforts sont faits pour assurer rapidement le déploiement complet et la capacité opérationnelle de cette Mission », a expliqué le Secrétaire général adjoint. Un premier contingent de la FISNUA de 1.643 soldats doit être déployé d'ici le 20 juillet.

La région d'Abyei, qui se situe à la limite entre le Soudan et le Soudan du Sud, a connu des affrontements pendant plusieurs mois cette année. L'Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination à Abyei en janvier 2011, en même temps que celui sur l'autodétermination du Sud du Soudan. Faute d'accord sur la composition d'une commission électorale, le scrutin avait été reporté.

« Une des premières tâches de la FISNUA sera de surveiller le retrait complet des forces de l'ensemble d'Abyei », a souligné M. Le Roy qui s'est félicité de l'accord Nord-Sud sur la frontière qui prévoit l'établissement d'une zone démilitarisée sur 10 kilomètres.

Alain Le Roy a plaidé pour la résolution pacifique de ces problèmes « afin de garantir une stabilité sur le long terme des deux pays ».

Le Conseil de sécurité a décidé le retrait effectif de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS). La MINUS avait été créée en 2005 par la résolution 1590 du Conseil. Aux termes de la résolution 1997 adoptée à l'unanimité de ses 15 membres, le Conseil a demandé lundi que le Secrétaire général transfère le personnel, le matériel, les fournitures et les autres biens appropriés de la MINUS à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et à la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA).