Afghanistan : le Représentant de l'ONU appelle à réussir la transition

Le Représentant spécial pour l'Afghanistan, Staffan de Mistura, devant le Conseil de sécurité.
Le Représentant spécial pour l'Afghanistan, Staffan de Mistura, devant le Conseil de sécurité.

Afghanistan : le Représentant de l'ONU appelle à réussir la transition

Le chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), Staffan de Mistura, a demandé mercredi au Conseil de sécurité de faire en sorte que l'année 2014, date prévue pour la fin du processus de transfert des responsabilités en matière de sécurité aux autorités afghanes, ne devienne pas un nouveau 1989, année où les troupes soviétiques se sont retirées d'Afghanistan, en ouvrant ainsi la voie au régime des Taliban.

Le processus de transition commençant ce mois de juillet, M. de Mistura, qui a présenté le rapport du Secrétaire général, a affirmé que tous les indicateurs montrent que la transition vers l'exercice par l'Afghanistan de sa pleine souveraineté est en bonne voie. La représentante des États-Unis, Susan Rice, a confirmé l'annonce que son Président a faite, le 21 juin dernier, sur le retrait d'ici à l'été 2012 du tiers des quelque 99.000 soldats américains actuellement sur place, dont 10.000 dès cette année.

L'annonce du Président américain a été suivie deux jours plus tard par une annonce similaire de la part de son homologue français qui a promis, comme l'a répété aujourd'hui le représentant de la France, de « rester engagée avec les alliés aux côtés du peuple afghan pour mener le processus de transition à son terme en 2014 ».

Contrairement à certaines interprétations, a commenté le représentant de l'Afghanistan, nous ne considérons pas le retrait des forces comme le début d'un désengagement international en Afghanistan. Il a rappelé que la transition est une stratégie formulée avec soin qui suppose non seulement un transfert graduel des responsabilités en matière de sécurité aux autorités afghanes, mais aussi, la formation accélérée des forces afghanes.

Face à une situation marquée par une augmentation de 51% du nombre d'incidents par rapport à la même période en 2010, de nombreux intervenants parmi les 20 qui ont pris la parole, ont reconnu les défis qui restent à relever en matière de sécurité.

« Nous devons nous assurer que 2014 ne soit pas un nouveau 1989 », a prévenu le Représentant spécial du Secrétaire général, en souhaitant que la communauté internationale n'abandonne pas une nouvelle fois l'Afghanistan.

Dans ce contexte, les intervenants ont prôné des efforts accrus en matière de réconciliation nationale et ont vu dans la résolution 1988 (2011) du Conseil de sécurité un pas décisif. Dans ce texte, le Conseil reconnait que certains membres des Taliban ont rallié le gouvernement afghan et rejeté l'idéologie terroriste d'Al-Qaïda, et décide, en conséquence, de séparer le régime des sanctions imposées aux Taliban de celui qui concerne Al-Qaida.

Le chef de la MANUA, s'est, dans ses conclusions, dit heureux de pouvoir transmettre à Kaboul un message de soutien vigoureux des membres du Conseil de sécurité, avant les rendez-vous importants d'Istanbul et de Bonn, en novembre et décembre prochains.