Le HCR s'inquiète des taux élevés de malnutrition chez les réfugiés somaliens

Le HCR s'inquiète des taux élevés de malnutrition chez les réfugiés somaliens

Les violences en Somalie ont forcé plus de 2 millions de personnes à fuir leur domicile.
Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est inquiet des taux de malnutrition observés parmi les nouveaux réfugiés somaliens arrivés dans les pays voisins, le Kenya et l'Ethiopie.

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est déclaré mardi particulièrement préoccupé par les taux inégalés de malnutrition observés parmi les nouveaux réfugiés somaliens arrivés dans les pays voisins, le Kenya et l'Ethiopie, tout spécialement chez les enfants réfugiés.

« Plus de 50% des enfants somaliens arrivant en Ethiopie souffrent de malnutrition sévère, avec un taux légèrement inférieur (entre 30 et 40%) mais tout aussi inquiétant pour ceux qui arrivent au Kenya », a dit une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Le violent conflit qui fait rage en Somalie rend difficile, si ce n'est impossible, pour les agences humanitaires d'accéder à ces personnes pour leur livrer de l'aide. De nombreuses familles nous expliquent avoir épuisé toutes leurs ressources. Menacés de famine, ils marchent pendant des jours, parfois des semaines, dans le désert, et leur état de santé est déplorable à l'arrivée », a-t-elle ajouté.

De plus en plus, le HCR entend des informations faisant état d'enfants âgés de moins de cinq ans mourant de faim et d'épuisement durant le trajet. De nombreux enfants se trouvent dans un tel état de faiblesse qu'ils meurent dans les 24 heures après leur arrivée malgré les soins d'urgence et l'alimentation thérapeutique qu'ils reçoivent immédiatement.

A Dadaab, dans le complexe des camps de réfugiés au Kenya, où les réfugiés arrivent au rythme de 1.400 personnes par jour, le HCR et ses partenaires distribuent des biscuits à haute teneur énergétique offrant un apport instantané de calories et micronutriments. Ces interventions sauvent des vies. En plus de la malnutrition, le surpeuplement des camps, qui accueillent déjà plus de 382.000 personnes, est une préoccupation majeure.

En Ethiopie, des réfugiés sont enregistrés à la frontière par les autorités avant d'être transférés dans un centre de transit du HCR où ils reçoivent des repas chauds et passent des contrôles sanitaires et nutritionnels. Le HCR a récemment ouvert un nouveau camp à Kobe, le troisième dans le sud-est de l'Ethiopie, qui atteint rapidement sa capacité d'accueil de 20.000 personnes. « Avec les autorités éthiopiennes et en préparation de l'afflux continu, nous avons identifié un quatrième site et des discussions sont en cours sur l'emplacement et le repérage pour un cinquième camp », a dit Melissa Fleming.

Dans le cadre de la réponse mise en œuvre par le HCR, un Boeing 747 cargo affrété par le HCR devrait atterrir à Addis Abeba en fin de journée avec, à son bord, 100 tonnes de matériel d'aide humanitaire en provenance de l'entrepôt d'urgence du HCR à Dubaï. Un convoi terrestre comptant vingt camions chargés de milliers de tentes et d'autres biens de secours a quitté Djibouti hier après-midi et devrait arriver jeudi dans la capitale éthiopienne. Le Haut Commissaire, Antonio Guterres, devrait se rendre en Ethiopie et au Kenya à la fin de cette semaine.

Le HCR a indiqué qu'il allait publier un appel de fonds pour couvrir les besoins en matière de protection, d'aide alimentaire, d'abri, de soins de santé et d'autres articles d'aide vitale. Compte tenu de l'urgence de la situation, le HCR n'appelle pas seulement les gouvernements mais également les donateurs du secteur privé et les particuliers à financer d'urgence ses opérations pour sauver des vies en Ethiopie et au Kenya.

Les violences en Somalie combinées à une sécheresse dévastatrice ont forcé plus de 135.000 Somaliens à fuir depuis le début de l'année. Pour le seul mois de juin, 54.000 personnes ont fui vers le Kenya et l'Ethiopie, soit trois fois plus qu'en mai.

Le HCR estime qu'un quart des 7,5 millions de Somaliens sont désormais soit déplacés internes soit réfugiés dans d'autres pays. La sécheresse, combinée à la violence déchirant le sud et le centre du pays, transforme l'une des pires crises humanitaires au monde en une tragédie humaine inimaginable.

On compte désormais plus de 750.000 réfugiés somaliens vivant dans la région, la plupart dans les pays voisins, au Kenya (405.000), au Yémen (187.000) et en Ethiopie (110.000). Par ailleurs, il y a 1,46 million de déplacés internes en Somalie.