Guinée-Bissau : l'ONU note des progrès dans la réforme du secteur de la sécurité

28 juin 2011

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Guinée Bissau, Joseph Mutatoba, a noté mardi devant le Conseil de sécurité qu'une amélioration de l'environnement politique et sécuritaire était perceptible en Guinée-Bissau mais qu'il restait encore beaucoup à faire pour consolider les résultats atteints depuis la fin de 2010 en termes de dialogue politique et de réformes économiques et pour améliorer les relations entre les autorités civiles et les membres des institutions militaires.

Comme le mentionne le Secrétaire général dans son dernier rapport, dont le Conseil était saisi aujourd'hui, les derniers mois ont été marqués par l'approbation, en mars dernier, de la feuille de route de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) pour la réforme du secteur de la sécurité en Guinée-Bissau, qui vise à assurer une formation des forces de sécurité et un cadre de protection afin d'accroître la sécurité des institutions de l'État.

Le Gouvernement de Guinée Bissau s'est réuni du 28 avril au 3 mai pour préparer un mémorandum d'accord régissant la mise en œuvre d'un partenariat sur le terrain entre le Gouvernement, la CEDEAO et la CPLP, partenariat qui devrait être signé dans les semaines à venir. Par ailleurs, la Banque d'Afrique occidentale a été choisie pour gérer le fonds de pension des anciens combattants. Ce fonds commencera à fonctionner grâce aux 63 millions de dollars promis par la CEDEAO en mars dernier, dont 45 millions seront affectés directement au fonds de pension, a indiqué M. Mutatoba.

Des progrès ont également été accomplis dans la coordination de l'action des partenaires internationaux participant au processus de réforme du secteur de la sécurité, a-t-il poursuivi. Il a cité l'assistance militaire du Brésil ainsi que celle de l'Angola.

S'agissant de la situation politique, M. Mutaboba a expliqué que les efforts se sont concentrés sur les préparatifs de la Conférence nationale. Les conférences régionales, dont celles qui se sont tenues en mai à Dakar et à Lisbonne avec la diaspora bissau-guinéenne, constituent le dernier volet de la phase préparatoire, a-t-il indiqué.

Le Représentant spécial du Secrétaire général a également mis l'accent sur l'importance de la lutte contre l'impunité, non seulement pour renforcer l'état de droit mais aussi pour remplir les critères fixés par l'Union européenne, afin que celle-ci reprenne son aide à la Guinée-Bissau dans le cadre de l'Accord de Cotonou signé en mars. Dans ce cadre, il a regretté la décision « hâtive » prise par le procureur, saisi des assassinats politiques commis entre mars et juin 2009, de transmettre l'affaire au tribunal militaire.

Abordant le problème du trafic de drogues, le Représentant spécial a rappelé qu'il met gravement en danger la stabilité du pays et a appelé à ce que plus de ressources soient mobilisées pour y faire face. Mentionnant les progrès accomplis récemment dans ce domaine, il a parlé de la création de mécanismes de coordination policière, du lancement de l'Unité contre la criminalité transnationale organisée, ainsi que de l'engagement du pays dans le cadre de l'« Initiative côtes de l'Afrique de l'Ouest ». La Guinée-Bissau a en outre adopté un Plan de lutte contre le trafic de drogues, la criminalité organisée et l'abus de stupéfiants, a indiqué le Représentant spécial de l'ONU. Il a aussi salué le plan d'action sur le trafic de drogues transatlantique, adopté lors des Sommets du G8 et du G20, afin de renforcer la coopération internationale en la matière.

A l'issue de la réunion, le Conseil de sécurité a pris note des « progrès faits par le Gouvernement bissau-guinéen au niveau du maintien de la stabilité et des avancées importantes réalisées sur le plan de la réforme de l'économie », et l'a encouragé « à continuer dans cette voie. »

Dans une déclaration à la presse de la Présidence du Conseil de sécurité, les membres du Conseil « soulignent que les autorités bissau-guinéennes doivent redoubler d'efforts pour créer des conditions favorables à la consolidation de la tutelle civile sur les forces de sécurité de la Guinée-Bissau, en particulier les forces armées, et pour faire avancer la réforme du secteur de la sécurité. » « A cet égard, ils engagent une fois de plus les forces de sécurité, en particulier la haute hiérarchie, à se soumettre à la tutelle de la société civile », ajoutent-ils.

Par ailleurs, ils soulignent qu'il « faut mettre en service le Fonds de pension des forces armées, qui constitue un élément essentiel de la réforme du secteur de la sécurité, et, à ce sujet, se félicitent que la CEDEAO et l'Angola y aient affecté des ressources. »

Enfin, ils se disent toujours « préoccupés par la persistance de la criminalité transnationale organisée, notamment par le trafic de drogue, qui menace la paix et la sécurité en Guinée-Bissau et dans la sous-région. »

 

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