Neuf nouveaux sites inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO

27 juin 2011
Le paysage culturel de la Serra de Tramuntana (Espagne).

Neuf nouveaux sites en Ethiopie, au Kenya, au Viet Nam, en Syrie, aux Emirats arabes unis, en Iran, en Espagne, dans les Alpes (Europe) et Turquie ont été ajoutés à la Liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), a annoncé lundi l'UNESCO.

Neuf nouveaux sites en Ethiopie, au Kenya, au Viet Nam, en Syrie, aux Emirats arabes unis, en Iran, en Espagne, dans les Alpes (Europe) et en Turquie ont été ajoutés à la Liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), a annoncé lundi l'UNESCO.

Le Paysage culturel du pays konso (Ethiopie), est un site aride de 55 km², avec des terrasses en pierre et des fortifications, situé sur les hauts plateaux d'Ethiopie. Il constitue un exemple spectaculaire d'une tradition culturelle vivante remontant à vingt-et-une générations (plus de 400 ans) et adaptée à un environnement sec et hostile. Le paysage témoigne du partage des valeurs, de la cohésion sociale et des connaissances en ingénierie de ses communautés. Le site présente également des statues de bois anthropomorphiques, disposées en groupe pour représenter les membres respectés de leurs communautés et les événements héroïques de leurs vies. Elles sont un témoignage exceptionnel et vivant de traditions funéraires sur le point de disparaître. Les stèles de pierre présentes dans les villes expriment un système complexe marquant la disparition de générations de chefs.

Fort Jésus, Mombasa (Kenya). Le Fort, édifié par les Portugais en 1593-1596 selon les plans de Giovanni Battista Cairati pour protéger le port de Mombasa, est l'un des exemples les plus remarquables et les mieux préservés de fortification militaire portugaise du XVIe siècle et une référence dans l'histoire de ce type de construction. Le schéma et la structure du Fort reflètent l'idéal de la Renaissance selon lequel la perfection des proportions et l'harmonie géométrique doivent s'inspirer du corps humain. Le bien s'étend sur 2,36 hectares et comprend les douves du Fort et la zone immédiatement avoisinante.

La Citadelle de la dynastie Hô (Viet Nam). La Citadelle de la dynastie Hô du XIVe siècle, construit selon les principes du feng shui, témoigne de l'épanouissement du néoconfucianisme dans le Viet Nam de la fin du XIVe siècle et de sa diffusion dans d'autres parties d'Extrême-Orient. En vertu de ces principes, il est situé dans un paysage aux panoramas d'une grande beauté sur un axe reliant les montagnes de Tuong Son et de Don Son dans une plaine entre les fleuves Ma et Buoi. Les bâtiments de la Citadelle représentent un exemple exceptionnel d'un nouveau style de ville impériale du Sud-Est asiatique.

Villages antiques du Nord de la Syrie (République arabe syrienne). Situés au nord-ouest de la Syrie, une quarantaine de villages, regroupés au sein de huit parcs, offrent un témoignage remarquable des modes de vie ruraux et villageois de l’Antiquité tardive et de l’époque byzantine. Abandonnés au cours des VIII-Xe siècles, ces villages, qui datent du Ier au VIIe siècles, offrent un paysage et des vestiges particulièrement bien conservés : maisons d’habitation, temples païens, églises, citernes collectives, thermes, etc. Ces paysages culturels reliques constituent une illustration importante de la transition entre le monde antique païen de l’Empire romain et le christianisme byzantin. Les vestiges témoignant des techniques hydrauliques, des murets de protection et du parcellaire romain nous montrent à quel point les habitants maîtrisaient la production agricole.

Les sites culturels d’Al Aïn (Hafit, Hili, Bidaa Bint Saud et les oasis, Emirats arabes unis) est un bien en série témoignant d’une très ancienne sédentarisation à partir du Néolithique dans un milieu désertique présentant des vestiges de nombreuses cultures protohistoriques. Parmi ces vestiges remarquables, on trouve des tombes circulaires en pierre (vers 2500 avant J.-C.), des puits et une série de constructions en terre crue : des constructions résidentielles, des tours, des palais et des bâtiments administratifs. Hili présente par ailleurs l’un des plus anciens exemples d’aflaj, un système sophistiqué d’irrigation datant de l’Age de bronze. Le bien apporte un important témoignage de la transition dans la région, passée d’une culture de la chasse et de la cueillette à la sédentarisation.

Jardin persan (Iran). Le site comprend neuf jardins dans diverses régions d’Iran. Ils témoignent de la diversité des jardins paysagers persans qui ont évolué et se sont adaptés aux différentes conditions climatiques, tout en restant fidèles aux principes du concept original qui remonte aux temps de Cyrus le Grand, au VIe siècle av. J.-C. Toujours divisé en quatre secteurs et accordant à l’eau un rôle central (tant pour l’irrigation que pour l’esthétique), le jardin persan a été conçu pour symboliser l’Eden et les quatre éléments zoroastriens : le ciel, la terre, l’eau et les végétaux. Ces jardins datent de périodes différentes depuis le VIe siècle av. J.-C. et ils comportent aussi des bâtiments, pavillons et murs, ainsi que des systèmes d’irrigation sophistiqués. Ils ont influencé l’art du jardin paysager jusqu’en Inde et en Espagne.

Le paysage culturel de la Serra de Tramuntana (Espagne) est situé sur une chaîne de montagnes aux versants abrupts se déployant le long de la côte nord-ouest de l’île de Majorque. Des millénaires d’agriculture dans un environnement offrant de maigres ressources ont transformé la morphologie du terrain et fourni un réseau articulé de dispositifs de gestion de l’eau desservant des exploitations agricoles d’origine féodale. Le bien se caractérise par une agriculture en terrasse et des structures hydrauliques interconnectées, notamment des moulins à eau, ainsi que des constructions en pierres sèches et des fermes.

Les Sites palafittiques autour des Alpes (Suisse, Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie). Ce bien en série regroupe 111 sites où se trouvent des vestiges d’établissements préhistoriques palafittiques (sur pilotis) dans et autour des Alpes. Datant d’environ 5 000 à environ 500 av. J.-C., ils sont situés sur les bords de lacs, de rivières ou de terres marécageuses. Seul un petit nombre ont été fouillés mais ils ont fourni des éléments qui donnent un aperçu de la vie quotidienne dans l’Europe alpine du Néolithique et de l’Age de bronze, ainsi que des informations sur la façon dont les communautés interagissaient avec leur environnement. Cinquante-six sites se trouvent en Suisse. Ces établissements constituent un groupe unique de sites archéologiques particulièrement riches et très bien conservés ; ils représentent des sources importantes pour l’étude des premières sociétés agraires de la région.

Mosquée Selimiye et son ensemble social (Turquie). La Mosquée carrée, avec sa grande coupole et ses quatre minarets élancés, domine la silhouette de l’ancienne ville ottomane d’Edirne. Sinan, le plus célèbre des architectes ottomans du XVIe siècle, considérait comme son chef d’œuvre cette réalisation qui inclut aussi des madrasas (écoles coraniques), un marché couvert, une maison de l’horloge, une cour extérieure et une bibliothèque. La décoration intérieure en céramiques d’Iznik, à leur période de production majeure, témoigne d’une forme d’art qui ne sera jamais égalée pour ce qui concerne ce matériau. L’ensemble est considéré comme l’expression la plus harmonieuse jamais atteinte du külliye ottoman, un ensemble de bâtiments associés à une mosquée et gérés avec elle.

Au total, 35 sites, qu'il s'agisse de biens naturels, culturels ou mixtes, sont proposés à l'inscription et seront examinés par le Comité du patrimoine mondial qui tient actuellement sa 35e session au siège de l'UNESCO jusqu'au 29 juin.

 

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