RDC : l'ONU exhorte à poursuivre les auteurs d'un récent viol de masse

RDC : l'ONU exhorte à poursuivre les auteurs d'un récent viol de masse

Des troupes de l'armée congolaise dans l'est de la RDC.
La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, a condamné dans les termes les plus forts possibles le viol de plus de 150 civils, principalement des femmes et des filles, du 10 au 12 juin dans la région de Minembwe (Sud-Kivu), à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), et a appelé à poursuivre les auteurs de ces crimes.

La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, a condamné dans les termes les plus forts possibles le viol de plus de 150 civils, principalement des femmes et des filles, du 10 au 12 juin dans la région de Minembwe (Sud-Kivu), à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), et a appelé à poursuivre les auteurs de ces crimes.

« Ces viols de masse montrent une tendance récurrente à l'indiscipline de la part de ceux qui portent des armes », a déclaré Mme Wallström dans un communiqué publié jeudi soir. « L'intégration rapide d'anciens rebelles dans les forces armées nationales sans processus de vérification ou sans entraînement systématique alimente cette tendance ».

« Quand ces forces ne reçoivent pas un salaire ou des provisions adéquates, le risque de pillage de nourriture et de bétail appartenant à des civils qui vivent dans les parages est énormément accru. Ce dernier incident fournit une nouvelle fois une illustration tragique du besoin de réforme du secteur de la sécurité en RDC. Il souligne aussi les énormes défis auxquels est confronté la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) pour garantir un accès aux victimes et aux communautés vulnérables en temps opportun, » a-t-elle ajouté.

Mme Wallström a rappelé que les autorités congolaises avaient la responsabilité d'enquêter sur cet incident, de poursuivre les auteurs et de les traîner en justice. « De notre côté, l'ONU est en train de vérifier ces incidents et d'identifier les moyens d'aider les survivants », a dit la Représentante spéciale.

« Des crimes de ce calibre ne sont pas un accident. Ils se produisent à la suite d'ordres ou d'un commandement et d'un contrôle laxiste. Les commandants, ainsi que les auteurs, doivent donc être poursuivis », a encore dit Mme Wallström. « Toutes les forces militaires en RDC devraient savoir que cette année, un colonel a été condamné à 20 ans de prison pour des crimes de violence sexuelle commis par ses subordonnés à Fizi, dans l'Est de la RDC. Tout membre des forces armées qui s'attaque à la population, au lieu de la protéger, fera également face à de sérieuses conséquences. »

Par ailleurs, le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU a déclaré jeudi à New York que l'ONU avait reçu « plusieurs rapports inquiétants au sujet d'un nombre indéterminé de viols présumés et de pillages commis entre le 9 et le 12 juin dans la zone de Nyakiele dans (la province) du Sud-Kivu, à environ 40 kilomètres de la ville de Fizi ». Il a ajouté que les Nations Unies allaient déployer des Casques bleus pour enquêter sur ces informations.

Vendredi, le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Roger Meece s'est dit profondément préoccupé par les rapports faisant état de viols massifs dans le territoire de Fizi. Selon les organisations humanitaires présentes dans ce territoire isolé, des viols massifs ont été perpétrés lors d’une attaque menée dans les villages de Nyakiele, Abala et Kanguli, les 10 et 11 juin 2011.

La MONUSCO a indiqué dans un communiqué avoir dépêché vendredi une patrouille à partir de sa base opérationnelle la plus proche. Elle a déployé également une mission de reconnaissance héliportée à partir de Bukavu.

Une mission d’évaluation conjointe composée des représentants de la MONUSCO, du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires (OCHA), du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et des ONG locales sera déployée par hélicoptère à partir d’Uvira, le samedi 25 juin, pour mener des enquêtes dans les zones touchées et évaluer les besoins humanitaires et de protection. Des représentants du gouvernement provincial prendront également part à cette mission.

"La protection des populations civiles demeure la plus haute priorité pour la MONUSCO, et la Mission poursuit ses efforts visant à répondre aux menaces et actes de violence contre des populations civiles, souvent dans des territoires reculés et difficiles d’accès. La MONUSCO condamne de la manière la plus forte possible tous les actes de viols et autres formes de violences contre les populations civiles. Elle continuera de collaborer avec les autorités congolaises pour traduire en justice les auteurs de ces attaques, et poursuivre la lutte contre l’impunité", a dit la Mission dans son communiqué.