Soudan : l'ONU salue un accord sur Abyei entre les parties en conflit

20 juin 2011

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué lundi un accord sur Abyei convenu le 20 juin 2011 entre le gouvernement du Soudan et le gouvernement du Sud-Soudan et a appelé les deux parties à respecter pleinement les dispositions sur la démilitarisation de la zone et sur l'établissement d'une administration et d'une police.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué lundi un accord sur Abyei convenu le 20 juin 2011 entre le gouvernement du Soudan et le gouvernement du Sud-Soudan et a appelé les deux parties à respecter pleinement les dispositions sur la démilitarisation de la zone et sur l'établissement d'une administration et d'une police.

Le Secrétaire général a également appelé les deux parties « à coopérer pleinement avec les Nations Unies et le gouvernement d'Ethiopie pour le déploiement de soldats et de policiers chargés du maintien de la paix dans la zone », a ajouté le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration.

Ban Ki-moon a remercié le Groupe de haut niveau de l'Union africaine dirigé par l'ancien Président sud-africain Thabo Mbeki et le Premier ministre d'Ethiopie, Meles Zenawi, pour ses efforts consacrés à faciliter l'accord avec le soutien de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS). Il a promis le plein soutien des Nations Unies aux parties pour faciliter sa mise en œuvre.

« Le Secrétaire général appelle toutes les parties concernées à continuer de fournir leur pleine coopération à l'Union africaine pour arriver à un accord sur toutes les questions en suspens liées à l'Accord de paix global et sur les arrangements post sécession », a ajouté son porte-parole. Il appelle également toutes les parties à « cesser immédiatement les hostilités dans l'Etat du Sud-Kordofan et à fournir leur pleine coopération aux agences humanitaires en répondant aux besoins de la population affectée ».

La région d'Abyei, qui se situe à la limite entre le Nord et le Sud-Soudan, est en proie à des affrontements depuis plusieurs mois. L'Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination à Abyei en janvier 2011, en même temps que celui sur l'autodétermination du Sud-Soudan. Faute d'accord sur la composition d'une commission électorale, le scrutin avait été reporté. Le Sud-Soudan de son côté a voté massivement pour la sécession, qui entrera en vigueur le 9 juillet 2011.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entendu lundi matin des exposés sur la situation au Soudan par le chef de la MINUS, Haile Menkerios, et l’Envoyé de l’Union africaine et ancien Président sud-africain, Thabo Mbeki, via téléconférence.

Thabo Mbeki a indiqué que le Nord et le Sud-Soudan ont demandé au Conseil de sécurité d’examiner l’accord qu’ils ont signé lundi car il prévoit l’intervention de l’ONU en vue de sa pleine application. « Le Conseil de sécurité pourra examiner cet accord dans les plus brefs délais, en particulier les dispositions relatives à la démilitarisation et celles ayant trait au remplacement des forces soudanaises par des Casques bleus de l’ONU provenant des contingents éthiopiens », a-t-il dit.

Il a insisté sur le fait que l’accord conclu devra entrer en vigueur dans les meilleurs délais, afin de permettre aux réfugiés de la zone de rentrer rapidement dans leurs foyers, de permettre aux organisations de secours humanitaires d’intervenir efficacement sur le plan humanitaire et de faire baisser le niveau de violence.

Haile Menkerios a noté pour sa part que lorsque le Conseil de sécurité aura réagi à l’accord conclu aujourd’hui et l’aura approuvé, les Nations Unies seront prêtes à déployer rapidement des troupes éthiopiennes à Abyei, tout en assurant le retrait des autres forces et le retour des personnes déplacées.

Selon lui, il faudrait que le Conseil de sécurité donne des instructions en ce sens le plus rapidement possible, avant que la saison des pluies n’empêche les déplacements.

S’agissant de la situation dans le Sud-Kordofan, M. Mbeki a annoncé que, dès mardi, des représentants de cet État soudanais viendraient à Addis-Abeba pour discuter, sous les auspices du Représentant spécial de l’ONU et de l’Union africaine, « d’un processus pour régler le conflit en cours par des moyens pacifiques ».

M. Menkerios a expliqué que les deux parties étaient convenues que les hostilités pourraient prendre fin. « Nous espérons que cet accord sera suivi d’un cessez-le feu, après la conclusion d’un accord politique », a-t-il dit.

Outre les questions portant sur Abyei et le Sud-Kordofan, l’Union africaine continue d’aider les parties à avancer sur celles encore en suspens et relatives à l’Accord de paix global, a expliqué M. Mbeki. Il a indiqué que des mesures économiques étaient sur la table et devaient être examinées en vue d’établir les conditions d’une coopération entre le Nord et le Sud, « une fois que le Sud-Soudan aura accédé à l’indépendance le 9 juillet ».

« En matière d’échanges commerciaux, de monnaie et d’exploitation pétrolière, des accords sont sur le point d’être conclus, le point d’achoppement restant la sécurité le long de la frontière », a dit M. Mbeki. « Mais sur ce point également, nous sommes proches d’un règlement », a-t-il assuré, en rappelant qu’il reviendra au Conseil de sécurité de trancher sur ce que doivent être la taille et la composition d’une force internationale qui aidera les deux États à assurer la sécurité dans cette zone.

M. Menkerios a expliqué pour sa part qu’en ce qui concerne les préparatifs d’une mission éventuelle des Nations Unies au Sud-Soudan, la MINUS était en train d’acheminer du matériel vers cette zone.

Pour ce qui est du contrôle des frontières, les deux parties au conflit ont accepté l’intervention d’une partie tierce, a-t-il souligné.

Du fait des tensions qui subsistent, la MINUS sera pleinement opérationnelle jusqu’au 9 juillet, a-t-il ajouté. La liquidation de la Mission devrait donc commencer après cette date. Ensuite, il faudra maintenir l’aide au Groupe de haut niveau de l’Union africaine et aux autres partenaires qui continuent de prêter main forte pour l’établissement de la paix au Soudan, comme l’Union africaine, a préconisé M. Menkerios.

De son côté, la MINUS a indiqué lundi que la sécurité et la situation humanitaire dans le Sud-Kordofan restaient une source de grande préoccupation, alors qu’on observe un accroissement des moyens militaires déployés en divers endroits stratégiques.

La Mission continue d’appeler les parties en conflit à cesser les hostilités et les opérations militaires qui mettent en danger la vie de dizaines de milliers de civils. En attendant, les Nations Unies et leurs partenaires ont distribué de la nourriture à 31.500 personnes dans le Sud-Kordofan et rappellent que l’accès à toutes les zones affectées reste crucial pour garantir une livraison rapide de l’aide humanitaire aux personnes déplacées.

 

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