Soudan : l'ONU dénonce des attaques contre ses casques bleus au Sud-Kordofan

17 juin 2011

Les Nations Unies ont fermement condamné vendredi la détention par les Forces armées soudanaises de quatre casques bleus de l'ONU qui patrouillaient à Kadugli, la capitale de l'Etat du Sud-Kordofan, au Soudan, où des combats font rage entre les armées du nord et du sud du pays.

« Les Forces armées soudanaises (nord), l'Armée populaire de libération du Soudan (sud) et d'autres groupes armés doivent immédiatement cesser les intimidations et le harcèlement visant le personnel de l'ONU, dont la présence est cruciale pour fournir l'assistance humanitaire nécessaire aux populations vulnérables », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU.

Par ailleurs, dans la région disputée d'Abyei, la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) a confirmé que six obus ont été tirés par les Forces armées soudanaises (FAS) vendredi et ont atterri à 150 mètres de la base de la MINUS dans la ville d'Agok. Aucune victime n'a été signalée.

“Nous sommes en train de vérifier les détails, alors que les FAS affirment que les tirs faisaient partie d'un exercice. L'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) déclare de son côté que les FAS visaient ses positions et intimidaient la population locale autour d'Agok. Il reste à déterminer précisément ce qui s'est passé », a ajouté le porte-parole de l'ONU.

Jeudi, une équipe de la MINUS qui atterrissait à Magennes, une zone contestée le long de la frontière entre les Etats du Haut-Nil et du Sud-Kordofan, a été brièvement détenue par la police du gouvernement du Soudan. L'équipe de la MINUS était accompagnée par deux membres des consulats du Royaume-Uni et des Etats-Unis à Juba, la capitale du Sud-Soudan.

Selon des responsables du gouvernement du Soudan dans la région, le vol n'avait pas l'autorisation requise pour atterrir, bien que la MINUS ait obtenu le feu vert pour ce vol par le gouvernement du Sud-Soudan à Juba. Toute l'équipe a été relâchée et est retournée à Malakal dans l'Etat du Haut-Nil.

De son côté, la Directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Josette Sheeran, a déclaré vendredi être très préoccupée par la situation humanitaire dans le Sud-Kordofan.

« C'est le pic de la période de famine au Soudan et la violence qui engloutit le Sud-Kordofan entrave les efforts du PAM pour atteindre les centaines de milliers de personnes qui ont besoin d'aide alimentaire », a déclaré Mme Sheeran.

Le PAM a distribué des vivres à plus de 26.000 personnes qui ont fui les violences récentes dans le Sud-Kordofan mais Mme Sheeran s'est dit « profondément préoccupée par une nouvelle escalade dans le conflit pouvant saper nos efforts pour atteindre les 400.000 personnes à qui nous apportions de la nourriture dans l'Etat avant cette dernière éruption de violence ».

Des informations font état de plus de 60.000 personnes se déplaçant dans des zones reculées et inaccessibles. « Beaucoup sont des femmes et des enfants vulnérables », note le PAM. « Nous avons de la nourriture, mais nous ne pouvons pas l'amener à ceux dont les vies en dépendent, c'est un objet de préoccupation très sérieux », a déclaré l'agence onusienne.

« Il est vital que nous disposions de l'accès humanitaire sécurisé et sans entrave qui est essentiel à notre travail de livraison de nourriture à ceux qui ont faim », a ajouté Josette Sheeran.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) s'est également inquiété vendredi de la dégradation de la situation dans le Sud-Kordofan. « L'insécurité et les restrictions imposées dans les déplacements des acteurs humanitaires continuent de sévèrement limiter l'accès humanitaire aux citoyens déplacés dans et autour de la ville de Kadugli et dans d'autres zones », a expliqué le Bureau.

OCHA a appelé toutes les parties au conflit à ne pas cibler les civils et à les protéger. Elle a réclamé une liberté de mouvement immédiate et inconditionnelle pour les organisations humanitaires.

S'agissant de la zone d'Abyei, OCHA estime qu'au 15 juin, le nombre de personnes déplacées à cause de la crise tourne autour de 112.800.

De son côté la MINUS a indiqué qu'elle continuait de maintenir un périmètre de sécurité à l'extérieur de sa base de Kadugli afin d'aider les milliers de personnes déplacées qui se sont rassemblées à proximité. La mission continue d'apporter une protection militaire à l'entrepôt du PAM et d'autres lieux clés, et de travailler avec l'équipe de l'ONU dans le pays pour apporter une assistance médicale et alimentaire aux personnes déplacées, a-t-elle indiqué.

Pour sa part, la Haut commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, Kyung-wha Kang, a annoncé qu'elle effectuerait une mission au Soudan du 20 au 27 juin. Elle se rendra à Khartoum, au Sud-Soudan, au Darfour et dans les zones en transition.

Elle profitera de cette visite pour soulever les problèmes clés et apporter son soutien aux défenseurs des droits de l'homme, précise le communiqué du Haut commissariat des Nations Unis aux les droits de l'homme (HCDH).

 

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