RDC : l'ONU appelle à renforcer l'action humanitaire dans les zones reculées

15 juin 2011

Suite à sa récente visite en République démocratique du Congo (RDC), la Sous Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Catherine Bragg, a déploré mercredi la violence, les déplacements de population et la pauvreté extrême observés dans certaines parties du pays et elle a appelé à un renforcement de l'action de la communauté internationale dans les zones les plus reculées.

Catherine Bragg s'est rendu en RDC au début du mois de juin afin d'attirer l'attention sur l'une des plus graves crises humanitaires chroniques du monde, notamment dans les zones très troublées du Sud-Kivu et de la Province Orientale.

« Je suis particulièrement préoccupée par les milliers de personnes qui vivent dans la crainte d'attaques par des groupes armés, qui tuent, mutilent, violent, pillent et brûlent les maisons. Ceux qui fuient se retrouvent dans les zones les plus reculées, et vivent souvent dans des communautés isolées. Cet éloignement les rend encore plus vulnérables puisque leur apporter de l'aide devient un défi logistique », a déclaré Mme Bragg, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York.

Elle a cité le cas de familles déplacées réfugiées dans le camp de Linakofo à Dungu, en Province orientale, « victimes de la violence de groupes armés, notamment l'Armée de résistance du Seigneur et des groupes semblables ».

« Mais ce que j'ai vu dans certaines parties de l'Est de la RDC prouve également que la situation évolue. Le retour de 600.000 personnes dans leurs maisons dans le Sud-Kivu témoigne des succès de l'entreprise humanitaire massive qui continue de répondre aux besoins humanitaires », a-t-elle expliqué.

La Sous Secrétaire aux affaires humanitaires a noté que l'acheminement de l'aide était rendu difficile par la taille du pays. « Les endroits où les gens ont le plus besoin d'aide se trouvent de plus en plus dans des zones très reculées, dans les Kivu, la Province Orientale et la Province de l'Equateur ».

Catherine Bragg a appelé les partenaires de l'action humanitaire à revoir ensemble leur « analyse de la sécurité afin de trouver les moyens de rester, d'avoir un meilleur accès et de mieux cerner les besoins humanitaires du pays ». Elle a proposé différentes manières d'améliorer la participation de la communauté internationale.

« Premièrement, les efforts de stabilisation et les initiatives de développement devraient être élargies, en particulier dans les régions éloignées. Les routes, les écoles, ou les schémas d'approvisionnement de l'eau, sont quelques-unes des priorités soulignées par mes interlocuteurs », a-t-elle expliqué.

Le gouvernement congolais devrait par ailleurs accroître l'administration locale et la police dans ces zones reculées, selon elle, et la communauté internationale a un grand rôle à jouer pour aider le Gouvernement à y parvenir.

« Troisièmement, la MONUSCO et la communauté humanitaire doivent reproduire les bonnes pratiques qui ont émergé au cours des dernières années et qui ont contribué à stabiliser la situation dans certaines zones des Kivu et des zones reculées de la Province Orientale », a-t-elle ajouté.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), la RDC est touché par une crise humanitaire complexe aux causes entremêlées, dans un contexte de pauvreté généralisée, d'instabilité chronique et de graves abus contre les civils. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays en raison de la violence armée est estimé à près de 1,7 million, dont 670.000 au Sud-Kivu. Dans le nord-est, dans la Province Orientale, la sécurité des vies et des moyens de subsistance est mise en danger par les abus de l'Armée de libération du seigneur.

 

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