Il faut stopper la discrimination à l'encontre des Roms, selon un expert de l'ONU

Il faut stopper la discrimination à l'encontre des Roms, selon un expert de l'ONU

Un enfant rom jouant de la guitare. Photo UNESCO/Michel Ravassard
Des problèmes graves et profondément ancrés de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie à l'encontre des Roms demeurent, notamment en Europe, a alerté mardi le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le Racisme, Githu Muigai, en rendant son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'homme, avant d'appeler les Etats à prendre des mesures pour régler ce problème.

« Alors que des développements positifs et des bonnes pratiques ont été identifiés aux niveaux régional et national, ces efforts ont été insuffisants », a déclaré Githu Muigai. « D'importants défis demeurent, qui révèlent des problèmes graves et profonds de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance envers les Roms et qui doivent être traités de la manière la plus énergique. »

Le Rapporteur spécial a souligné qu'il était essentiel de s'attaquer au problème avec une approche globale fondée sur des mesures juridiques, politiques et institutionnelles, en tenant compte de la dimension structurelle du problème, l'interrelation entre la discrimination, la marginalisation socio-économique et l'exclusion politique, ainsi que de la situation particulière des Roms les plus vulnérables.

Githu Muigai recommande l'adoption de mesures telle que la discrimination positive pour corriger les inégalités historiques mais aussi la formation aux droits de l'homme des agents de l'État et un travail d'éducation et de sensibilisation visant à favoriser la compréhension mutuelle, le respect et la tolérance.

Dans son rapport, le Rapporteur spécial de l'ONU fait également le point sur la situation d'autres populations qui font selon lui face à une même discrimination structurelle. Il examine la discrimination fondée sur l'activité professionnelle et sur le statut héréditaire et fait référence aux systèmes de castes existant dans certains pays d'Asie ou d'Afrique.

« La première étape essentielle est de reconnaître que la discrimination fondée sur le statut héréditaire constitue une forme de discrimination raciale interdite par la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale », a-t-il déclaré.

Githu Muigai a donc appelé les gouvernements à fournir des informations sur les discriminations fondées sur la caste et d'autres systèmes analogues de statut héréditaire dans leurs rapports à l'ONU sur la défense des droits de l'homme. Il a également appelé à la collecte de données, sur une base régulière, afin d'identifier le nombre de personnes touchées et de concevoir des stratégies appropriées de lutte contre ce genre de discrimination.

« Les lacunes ne proviennent pas seulement des gouvernements et des institutions mais aussi de la population elle-même, y compris au sein des communautés considérées comme de caste ou de statut inférieur », a noté l'expert. Toute mesure légale pour interdire la discrimination devrait donc selon lui aller de pair avec un travail de sensibilisation en mettant un accent particulier sur le pouvoir judiciaire, la police et la fonction publique, pour s'assurer de l'application et du respect de la loi et afin de garantir l'accès à la justice pour les victimes.