L'ONU poursuit sa médiation pour trouver une issue au conflit en Libye

L'ONU poursuit sa médiation pour trouver une issue au conflit en Libye

L'Envoyé spécial pour la Libye, Abdul Ilah Khatib.
L'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Libye, Abdul Ilah Al-Khatib, poursuit ses discussions avec les principaux acteurs libyens afin de trouver une solution politique au conflit.

Abdul Ilah Al-Khatib a rencontré, mardi, les autorités libyennes à Tripoli, dont le Premier ministre et le président du Congrès général du peuple libyen. Il les a invités à partager leurs vues avec l'ONU sur une période de transition qui permettrait la mise en œuvre d'un processus politique répondant aux aspirations légitimes du peuple libyen, a indiqué le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU lors d'un point de presse mercredi.

Mercredi, à Benghazi, le fief de l'opposition, l'Envoyé spécial de l'ONU a également examiné ces questions avec le Président du Conseil national de transition, Mustafa Abdel Jalil. L'objectif est de déterminer la meilleure façon d'aider les parties libyennes à se mettre d'accord sur une transition et un processus politique qui mettraient fin au conflit actuel dans le pays.

L'Envoyé spécial s'était rendu précédemment à Tripoli, mi-mai et il avait également eu des discussions avec l'opposition afin de négocier une sortie politique de la crise et un cessez-le-feu.

Lors d'une conversation téléphonique, fin mai, entre Ban Ki-moon et le Premier ministre libyen, le Secrétaire général de l'ONU avait mentionné le travail de son Envoyé spécial, et il avait expliqué que la prochaine étape pour M. Khatib serait d'« amener les parties dans des négociations indirectes, dans un effort pour définir la nature de la période transitionnelle ».

L'Envoyé spécial de l'ONU en Libye participera à la réunion du Groupe de contact international pour la Libye, le 9 juin à Abu Dhabi, tout comme le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe.

De son côté, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a indiqué que les enquêteurs de la CPI rassemblaient des preuves indiquant que les autorités libyennes utilisent le viol comme arme de guerre et de répression et ont même acquis de grandes quantités de produits destinés apparemment à rendre leurs soldats plus susceptibles de commettre une agression sexuelle.

« Nous avons des informations pour confirmer qu'il s'agit d'une politique en Libye consistant à violer ceux qui sont contre le gouvernement, » a dit Luis Moreno-Ocampo, lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU mercredi à New York. « Nous recevons des informations selon lesquelles (le dirigeant libyen Mouammar) Qadhafi a décidé (d’utiliser) le viol. Le viol est un nouvel aspect de la répression ».

« Nous avons des éléments confirmant l'acquisition de médicaments de type Viagra. Ils ont acheté des conteneurs avec des produits pour améliorer la possibilité de commettre un viol, et nous obtenons des informations détaillées confirmant cette politique. Nous essayons de voir qui est impliqué », a-t-il ajouté.

Le Procureur de la CPI a demandé le mois dernier aux juges de la Cour d'émettre des mandats d'arrêt contre M. Qadhafi, l'un de ses fils, et le chef des services de renseignement du pays, les accusant d'avoir commis des crimes contre l'humanité pendant le conflit en cours dans ce pays d'Afrique du Nord.

M. Moreno-Ocampo a déclaré à l'époque que son bureau avait recueilli des preuves directes détaillant les ordres émis par M. Qadhafi, le rôle de son fils Saif Al Islam Qadhafi dans le recrutement de mercenaires, et la participation du chef des services de renseignement Abdullah Al Sanousi dans des attaques contre les manifestants.

Dans sa conférence de presse aujourd'hui, M. Moreno-Ocampo a déclaré qu’une accusation pour viol sera probablement ajoutée aux précédents chefs d’accusation, une fois que les enquêtes seront terminées et après que les juges auront rendu une décision sur la première série d'accusations.