VIH/Sida : le Conseil de sécurité rappelle la nécessité d'une réponse globale

VIH/Sida : le Conseil de sécurité rappelle la nécessité d'une réponse globale

Le Directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé (à droite) discute avec l'Ambassadeur de Russie, Vitaly Churkin, au Conseil de sécurité.
Le Conseil de sécurité a souligné le rôle important que les opérations de maintien de la paix des Nations Unies pouvaient jouer dans la réponse à l'épidémie.

Le Conseil de sécurité a rappelé mardi dans une résolution qu'une réponse internationale exceptionnelle continuait de s'imposer pour enrayer la propagation du VIH/Sida à travers le monde et a souligné le rôle important que les opérations de maintien de la paix des Nations Unies pouvaient jouer dans la réponse à l'épidémie.

Tracer l'avenir de la riposte mondiale au VIH/Sida, tel est l'objectif de quatre jours de discussions de haut niveau qui ont débuté mardi au siège de l'ONU à New York et se prolongent jusqu'au 10 juin. Une réunion de haut niveau de l'Assemblée générale de l'ONU doit avoir lieu à partir de mercredi.

Le débat au Conseil de sécurité, auquel ont participé le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA), Michel Sidibé, est organisé 30 ans après l'apparition de la maladie et onze ans après le premier débat sur l'épidémie au sein du Conseil.

Dans sa résolution adoptée mardi à l'unanimité, le Conseil de sécurité réaffirme un certain nombre d'engagement des Nations Unies dans la lutte contre le VIH/Sida. Les membres du Conseil de sécurité se disent gravement préoccupés par le fait que depuis le début de l'épidémie du VIH, « plus de 60 millions de personnes ont été infectées, plus de 25 millions sont mortes et plus de 16 millions d'enfants ont été rendus orphelins par le Sida ». Ils reconnaissent que le Sida est l'un des « obstacles majeurs au développement, au progrès et à la stabilité des sociétés et qu'il faut, pour le surmonter, une réponse mondiale exceptionnelle et globale ».

Le Conseil estime qu'une action internationale urgente et coordonnée « continue de s'imposer pour enrayer l'impact de l'épidémie de VIH durant et après les conflits » et note « la nécessité d'une intervention cohérente des Nations Unies pour aider les Etats Membres à faire face a ce problème ».

Mentionnant le « fardeau » que fait peser le VIH sur les femmes, il demande « instamment aux Etats membres, aux entités des Nations Unies, aux institutions financières internationales et aux autres parties prenantes d'appuyer la mise en place de moyens et le renforcement des systèmes nationaux de santé et des réseaux de la société civile afin de fournir une assistance durable aux femmes vivant avec le VIH ou affectées par le virus durant et après les conflits ».

Le Conseil de sécurité souligne en outre le rôle des opérations de maintien de la paix et « encourage l'incorporation, selon qu'il y a lieu, de la prévention, du traitement, des soins et du soutien en matière de VIH, y compris des programmes volontaires et confidentiels de conseil et de tests, dans l'application des tâches confiées aux opérations de maintien de la paix ». Il juge nécessaire d'intensifier les activités de prévention du VIH au sein des missions des Nations Unies.

Les membres du Conseil prient également le Secrétaire général « de poursuivre et de renforcer l'action qu'il mène en vue d'appliquer la politique de tolérance zéro a l'égard de toute forme d'exploitation ou d'abus sexuels dans les missions des Nations Unies ».

De son côté, le Secrétaire général Ban Ki-moon a salué l'adoption de cette résolution. « Le moment est venu de prendre des mesures ambitieuses », a-t-il déclaré. « Chaque fois que le Sida entre dans l'équation, l'ONU s'attache à faire partie de la solution », a-t-il ajouté, détaillant les efforts de l'ONU pour lutter contre l'épidémie.

« Nous avons formé plus de 1.500 casques bleus comme conseillers de leurs pairs », a dit le chef de l'ONU ajoutant que le nombre de casques bleus cherchant volontairement des conseils a été multiplié par sept en cinq ans. « Ils travaillent pour que les gens qui se remettent d'un conflit n'aient pas en plus à se remettre d'une maladie », a-t-il ajouté. « Cela fait partie de la mission plus large que ce Conseil donne a nos troupes : stopper la violence basée sur le genre et le sexe ; accentuer le rôle des femmes ; et protéger les enfants. »

« Maintenant nous comprenons que les troupes des Nations Unies et la police font partie de la prévention, du traitement et des soins », a souligné Ban Ki-moon.

Il a enfin appelé les Etats Membres à lier leurs efforts pour combattre le VIH aux campagnes de luttes contre les violences sexuelles et pour les droits des femmes.

« Nous marquons les 30 ans de notre lutte contre le Sida. Mais concentrons-nous sur un chiffre différent : 0. Que nous n'ayons plus de nouvelles infections, plus de discrimination et de décès liés au Sida. C'est notre objectif », a-t-il conclu.

Lors d'une conférence de presse mardi à la veille de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur le VIH/Sida, le Président de cette Assemblée, Joseph Deiss, a pour sa part appelé « les Etats membres à parvenir à un accord sur un document final significatif », afin de poursuivre la lutte contre le VIH/Sida pendant encore des années.