Soudan : les civils continuent de fuir les affrontements à Abyei, selon le HCR

Soudan : les civils continuent de fuir les affrontements à Abyei, selon le HCR

Des personnes d'Abyei déplacées sont assistées par les organisations humanitaires à Turalei, dans l'Etat de Warrap, au Soudan.
Après plusieurs mois d'affrontements violents dans la zone d'Abyei au Soudan, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dénombre près de 100.000 personnes déplacées dont 67.000 ont déjà été enregistrées.

« Parmi les déplacés enregistrés, 68% se trouvent dans les zones de Turalei et Mayan Abun dans l'Etat de Warrap. Les autres déplacés sont à Agok, près d'Abyei où, malgré la présence de civils armés et de militaires, nous observons des retours et encore des afflux », a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Un grand nombre de civils sont toujours en fuite ou se cachent dans la brousse alors que d'intenses activités militaires se poursuivent. On entendait encore des bruits des tirs à Abyei jeudi dernier. Des avions Antonov ont été vus survolant le pont Bantan, provoquant la panique parmi les déplacés qui craignent des bombardements. Le pont Bantan surplombe la rivière Kiir et il est situé sur l'une des principales routes reliant Abyei au Sud-Soudan », a-t-il ajouté.

D'après les témoignages recueillis par les équipes du HCR, des hommes armés venant d'Abyei effectuent des pillages, des tirs et d'autres harcèlements contre la population. Deux femmes âgées auraient été battues par des soldats à Abyei, a précisé le porte-parole du HCR.

Le HCR a réitéré aux deux parties son appel « à s'abstenir de commettre des actes de violence contre les civils ou d'autres violences qui pourraient générer davantage de déplacements de population ».

La région d'Abyei, qui se situe à la limite entre le Nord et le Sud-Soudan, est en proie à des affrontements depuis plusieurs mois. L'Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination à Abyei en janvier 2011, en même temps que celui sur l'autodétermination du Sud-Soudan. Faute d'accord sur la composition d'une commission électorale, le scrutin avait été reporté. Le Sud-Soudan de son côté a voté massivement pour la sécession, qui entrera en vigueur le 9 juillet 2011.

Les parties au conflit ont signé les 13 et 17 janvier 2011 les Accords de Kadugli et le 4 mars l'Accord d'Abyei, qui prévoient notamment le retrait de toutes les forces armées non-autorisées et le déploiement d'une force de sécurité mixte appuyée par la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS). Les déplacements de civils depuis Abyei ont commencé le 21 mai lorsque la ville a été attaquée par les Forces armées soudanaises (FAS) qui en ont pris le contrôle.

« C'est la toute dernière crise affectant le Sud-Soudan où plus de 120.000 personnes ont déjà été déracinées cette année du fait de violences communautaires », a conclu Adrian Edwards.