Darfour : accord à Doha pour créer un processus interne de dialogue et de consultation

31 mai 2011

A l'issue de la « Conférence de toutes les parties prenantes au Darfour » qui s'est déroulée pendant cinq jours à Doha, au Qatar, les participants ont annoncé mardi s'être notamment mis d'accord sur l'instauration d'un processus interne de dialogue et de consultation au Darfour. Cet accord a été salué par la Mission de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD) qui note cependant que de nombreux obstacles demeurent pour mettre fin au conflit.

La tenue de la « Conférence de toutes les parties prenantes au Darfour », dirigée par le Médiateur en chef conjoint de l'Union africaine et des Nations Unies pour le Darfour, Djibril Bassolé, et le ministre qatari des affaires étrangères, Ahmed Bin Abdullah Al-Mahmoud, était inédite puisque c'était la première fois que les parties au conflit s'entretenaient avec des membres de la société civile et des responsables politiques. Au total, 500 représentants et délégués du Darfour et de la communauté internationale étaient réunis.

Les participants se sont mis d'accord sur cinq points principaux, qui ont été compilés dans un document final devant être distribué dans les prochains jours à toutes les parties qui pourront le signer et l'approuver et qui servira de base à un accord de paix entre les parties en négociation.

A la fin de la Conférence, le chef de MINUAD, Ibrahim Gambari, a félicité les participants. Il a rappelé la teneur du mandat la mission onusienne, à savoir le soutien à la mise en œuvre de l'Accord de paix au Darfour et des autres accords internationaux visant à mettre fin au conflit. « Je suis donc heureux de voir qu'au cours de ce processus de Doha, les négociations, les dialogues et les consultations entre les parties ont abouti à un document final qui servira de base pour un accord inclusif et global mettant fin au conflit au Darfour », a-t-il déclaré.

« Les prochaines étapes comprennent, en premier lieu, la formation d'un Comité international de suivi, présidé par le Qatar, pour aider les Parties à mettre en œuvre tout accord ultérieur et, d'autre part, un processus interne de consultation et de dialogue », a-t-il ajouté.

Mais le chef de la mission onusienne a souligné que des obstacles demeuraient à ces étapes logiques. « Il s'agit notamment de la poursuite des affrontements militaires entre le gouvernement du Soudan et les mouvements rebelles dans les régions du Darfour, du refus de certains mouvements armés de rejoindre le processus de paix de Doha, de l' état d'urgence et les lois sécuritaires dont les dispositions entravent et limitent les libertés au Darfour, et l'unité des mouvements armés pour plus de combats plutôt que pour la paix. Ces obstacles doivent être sérieusement envisagés au moment ou nous observons les prochaines étapes permettant d'apporter le résultat de Doha au peuple du Darfour », a-t-il souligné.

Ibrahim Gambari a noté que cela demanderait des concessions de tous, dans l'intérêt d'un peuple qui souffre depuis trop longtemps et cela demanderait des engagements de la part des parties prenantes et des partenaires internationaux. « Le Soudan est à un carrefour, c'est certainement le moment de choisir la guérison et la réconciliation », a-t-il précisé, en rappelant que la MINUAD se tenait toujours prête à travailler avec les parties afin de parvenir a la paix.

 

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