Libye : l'ONU s'inquiète pour les civils et tente de trouver une issue politique

31 mai 2011

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a exprimé mardi devant le Conseil de sécurité son inquiétude sur la situation sécuritaire et humanitaire en Libye tout en soulignant les efforts entrepris pour trouver une issue politique à la crise qui dure depuis des mois.

« La protection des civils dans les zones en proie aux combats est toujours source de grande inquiétude. Je réitère l'appel du Secrétaire général à augmenter le soutien à l'assistance humanitaire pour les populations dans les zones affectées en Libye et dans les pays voisins. Toutes les parties au conflit doivent prendre les mesures nécessaires pour épargner les civils des conséquences des affrontements », a déclaré B. Lynn Pascoe dans un exposé devant les membres du Conseil.

« Concernant le processus politique, nos objectifs immédiats sont de sécuriser l'engagement de la part des parties d'engager des négociations indirectes basées sur les propositions que l'Envoyé spécial a présentées aux deux camps. Nous pensons que ce processus est crucial dans nos efforts pour trouver une solution durable à la crise qui réponde aux demandes légitimes du peuple libyen et qui corresponde aux résolutions 1970 et 1973 », a-t-il précisé.

Le 17 mars, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1973, qui autorise les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les populations civiles en Libye contre les attaques des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Qadhafi. Le 26 février, le Conseil de sécurité avait également adopté la résolution 1970 qui a décidé d'une saisine de la Cour pénale internationale (CPI) et de sanctions contre les autorités libyennes, dont un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs.

Pour le chef des affaires politiques de l'ONU, des progrès ont été effectués notamment dans la planification du rétablissement post-conflit du pays grâce à la pré-évaluation menée par le Conseiller spécial à la consolidation de la paix et à la reconstruction post-conflit, Ian Martin, qui souhaite se concentrer sur six domaines : politique, sécurité, l'état de droit et les droits de l'homme, la relance économique, l'administration publique et les infrastructures.

« Evidemment, le plan sera guidé par le principe selon lequel le destin de la Libye doit être décidé par la population libyenne et que les représentants doivent déterminer quelle assistance ils ont besoin de la part de la communauté internationale », a souligné B. Lynn Pascoe.

Plus de trois mois après le début de la crise politique, les combats continuent entre les forces fidèles au dirigeant libyen Moummar Qadhafi et les insurgés notamment dans l'ouest du pays où les forces de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ont intensifié leurs opérations.

« Les défections au régime semblent encore augmenter y compris huit généraux de l'armée libyenne qui sont maintenant en Italie avec de nombreux autres officiers. Ils ont appelé les autres militaires à les rejoindre et à mettre un terme aux atrocités qui sont en train d'être commises contre leur peuple », a précisé M. Pascoe.

Il a également indiqué que « les forces de l'opposition ont pris le contrôle de Misrata et ont repoussé les troupes gouvernementale à l'ouest, mais il y a toujours des combats en périphérie de la ville qui reste toujours inaccessible par la mer ». Les forces gouvernementales ont intensifié leurs opérations dans la région des Montagnes de Nafusa où plus de 54.000 personnes ont fui vers la Tunisie.

« La situation des droits de l'homme est toujours troublante. Dans sa présentation au Conseil des droits de l'homme hier, la Haut commissaire aux droits de l'homme a condamné la brutalité et l'ampleur des mesures prises par le gouvernement de Libye et a estimé que ces actions s'avéraient 'particulièrement choquante concernant les violences sexuelles y compris les viols en réunion par les forces militaires' », a dit M. Pascoe aux membres du Conseil de sécurité.

Depuis le début du conflit 893.000 personnes, la plupart des migrants, ont quitté la Libye. Plus de 5.000 d'entre eux sont coincés aux frontières avec l'Egypte, la Tunisie et le Niger. Environ 14.000 personnes ont trouvé refuge sur l'île italienne de Lampedusa et l'île de Malte.

Sur les 407 millions de dollars demandés par l'ONU et ses partenaires pour financer les opérations humanitaires en Libye, 185 millions ont été collectés, soit 46% des fonds.

 

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