Soudan : l'ONU appelle à un cessez-le-feu à Abyei et aide les déplacés

31 mai 2011

Après une récente escalade de la violence dans la zone d'Abyei, au Soudan, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a appelé mardi les autorités soudanaises et celles du Sud-Soudan à respecter les accords de paix et à revenir à la table des négociations.

Après une récente escalade de la violence dans la zone d’Abyei, au Soudan, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a appelé mardi les autorités soudanaises et celles du Sud-Soudan à respecter les accords de paix et à revenir à la table des négociations.

« Il est impératif que les deux parties respectent les termes des accords de Kadugli, évitent les offensives militaires et travaillent de manière ouverte et souple avec le Panel de haut niveau de l’Union africaine afin de trouver une solution pour Abyei et tous les autres problèmes. Les Nations Unies se tiennent prêtes à les assister », a déclaré Alain Le Roy dans un exposé devant le Conseil de sécurité.

La région d'Abyei, qui se situe à la limite entre le Nord et le Sud-Soudan, est en proie à des affrontements depuis plusieurs mois. L'Accord de paix global qui a mis fin en 2005 à la guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination à Abyei en janvier 2011, en même temps que celui sur l'autodétermination du Sud-Soudan. Faute d'accord sur la composition d'une commission électorale, le scrutin avait été reporté. Le Sud-Soudan de son côté a voté massivement pour la sécession, qui entrera en vigueur le 9 juillet 2011.

Les parties au conflit ont signé les 13 et 17 janvier 2011 les Accords de Kadugli et le 4 mars l'Accord d'Abyei, qui prévoient notamment le retrait de toutes les forces armées non-autorisées et le déploiement d'une force de sécurité mixte appuyée par la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS).

« Alors que beaucoup a été fait, quelques problèmes clés de l’Accord de paix global restent en suspend. Cela inclut le statut d’Abyei, la conclusion des consultations populaires dans les Etats du Kordofan du Sud et du Nil Bleu et la démarcation de la frontière. Des accords sur les problèmes post-sécession y compris le partage des richesses et les questions de citoyenneté sont aussi en suspend », a souligné Alain le Roy.

« La question d’Abyei et du partage de ressources pétrolières sont les deux problèmes politique et économique les plus critiques en cours de discussion », a-t-il ajouté.

Alain Le Roy a déploré l’escalade de violence entre les deux camps qui s’est soldée le 21 mai par une offensive militaire des forces armées soudanaises qui ont pris le contrôle d’une partie de la ville d’Abyei provoquant le fuite de dizaines de milliers de personnes.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, Haile Menkerios, est entré en contact la semaine dernière avec les deux parties en conflit afin de tenter de contenir la situation et de les ramener à la table des négociations. L'ancien Président sud-africain, Thabo Mbeki, du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l'Union africaine sur le Soudan, tente également une médiation.

Les agences de l'ONU ont également exprimé mardi leur inquiétude sur le risque de voir la crise humanitaire et sécuritaire s'aggraver dans la zone d'Abyei.

« Lors d'une visite sur le terrain en fin de semaine dernière, nos équipes ont constaté que la ville s'était vidée de sa population qui compte habituellement entre 50.000 et 55.000 habitants. De nombreux combattants étaient présents dans les rues. Des pillages s'effectuaient au grand jour », a indiqué mardi un porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« L'équipe des Nations Unies qui a mené cette visite a constaté un afflux de civils se dirigeant vers le sud et au-delà d'Agok. Plusieurs villages situés juste au sud d'Abyei ont été brûlés. De nombreuses personnes disaient craindre une attaque imminente contre la ville d'Agok », a-t-il ajouté.

A ce jour, 31.256 personnes déplacées ont déjà été enregistrées dans l'Etat de Warrap et 27.961 autres dans la ville d'Agok, qui fait partie de la circonscription d'Abyei.

« Nous avons également vu de plus petits nombres de déplacés dans les Etats voisins au sud-ouest d'Abyei », a précisé le porte-parole du HCR.

« Des équipes d'évaluation essayent actuellement d'accéder à des zones isolées à cause de l'insécurité et de fortes pluies. A Agok, des personnes déplacées nous ont indiqué que de nombreux civils s'étaient cachés dans la brousse pour éviter d'être pris au piège dans les combats. Nous avons vu plusieurs cas de familles séparées durant les violences. Hier soir, les pillages et les tirs sporadiques continuaient», a-t-il conclu.

De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis en place la distribution d'une aide alimentaire d'urgence destinée à plus de 6.000 déplacés.

Une porte-parole du PAM, Emilia Casella, a précisé mardi lors d'une conférence de presse à Genève, son inquiétude sur l'augmentation des déplacements de populations qui ne seront donc pas en mesure de planter leurs semences. Cela posera un problème de sécurité alimentaire dans les mois à avenir. Selon l'agence plus de 100.000 personnes pourraient avoir besoin à une aide alimentaire.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), seulement 31% de l'appel de fonds d'urgence a été collecté pour financer les opérations humanitaires au Sud-Soudan, soit 178 millions de dollars sur les 577 millions réclamés.

 

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